‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 125 sur 538 · I. — LEURS ORIGINES · texte numérisé non relu

I. — LEURS ORIGINES

Pans les chapitres précédenls, nous avons étudié les phases premières de l'évolution politique; nous avons vu

les hommes passer de la horde anarchique à la Iribu républicaine, de celle-ci à la tribu monarchique et, enfin, à la petite monarchie barbare. Au point de départ, égalité, liberté presque sans frein; au point d'arrivée, servitude réglementée, hiérarchie sociale, ordinairement basée sur l'inégalité des biens et l'abus de la force. Cette transformation a été très graduée; c'est lentement qu'elle s'est déroulée à travers les siècles et il nous a été possible d'en démêler les causes principales. Nous allons maintenant faire un pas de plus et passer de la petite monarchie barbare, qui a bien rarement une histoire, aux grands États despotiques, qui, par leur étendue, leur durée, TinQuence considérable exercée par eux sur la marche ultérieure de la civilisation en général, ont laissé des traces dans les annales historiques de l'humanité.— Mais je me garderai bien de m'astreindre à la stérile méthode historique, c'est-à-dire d'oublier le général pour me perdre dans le particulier. L'énumération chronologique des dynasties, des monarques et des batailles n'importe guère. Dans ces études, j'essaie de décrire l'évolution politique du genre humain, comme on décrit les mœurs des fourmis et des abeilles, en planant, pour ainsi dire, au-dessus des menus incidents qui ont presque uniquement fasciné l'altenlion des historiens. Le sociologiste, surtout le sociologiste ethnographe, dédaigne les noms propres, les individus; il ne permet pas que les arbres lui masquent la forêt et, dans les menus récils des historiens, il se borne à relever les renseignements qui intéressent sa vue d'ensemble.

Cette histoire anonyme, comparable à celle que nos astronomes pourront faire des habitants de la planète Mars, quand ils seront munis de lunettes assez puissantes, Tethnographio nous a permis de l'esquisser pour la période antéhistorique des races humaines. Nous voici maintenant au seuil de la

phase historique et nous allons voir qu'elle se rattache directement à la préhistorique.

Ces puissants États barbares, qui^ à s'en tenir aux annales écrites, semblent avoir surgi tout d'une pièce, par une sorte de génération spontanée, nous voyons, grâce à l'ethnographie, qu'ils sont simplement le développement de la petite monarchie barbare, même de la tribu monarchique. Le fait est surtout évident pour les grands États de l'Amérique centrale, pour le Pérou et le Mexique. Mais ces deux empires sont, pour nous, spécialement intéressants; ils représentent en effet une phase de l'évolution politique, qui est archaïque, celle qu'ont réalisée, sur nos vieux continents, des Étals depuis longtemps disparus, par exemple, l'Egypte, la Perse ancienne, etc., et ils nous la montrent dans toute la sauvagerie de sa jeunesse.

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