III. l'ancien MEXIQUE
Sur les hauts plateaux de l'Anabuac, une civilisation barbare, mais relativement avancée, florissaît depuis une date assez lointaine au moment de la conquête espagnole. Des flots d'émîgrants venant du Nord et appartenant, selon toute apparence, à la même race que les Peaux- Rouges actuels, avaient successivement envabi ces régions bénies. Chaque invasion nouvelle se superposait aux précédentes sûrement en se fondant plus ou moins avec les occupants antérieurs et se pliant à leur civilisation. Parmi ces invasions, il en faut noter trois principales : 1^ celle des Toltèques; 2* celle des Chichimèques qui vinrent combler les vides creusés dans la population toltèque par une terrible épidémie; 3* celle des Aztèques, que les Espagnols trouvèrent en possession de la contrée. L'antiquité de tous ces mouvements de population n'était que relative. On assigne à celle des Aztèques la date de 1196. Mais les Aztèques représentaient seulement une tribu de la race ou plutôt de la confédération desNahuas.
A l'époque de l'expédition de Cortez, toutes ces couches superposées d'émigrants constituaient plusieurs états : trois royaumes, ceux du Mexique proprement dit, de Tezcuco et de Tlacopan, en outre une république aristocratique, celle de Tlascala. Les royaumes formaient une sorte de confédération sous l'hégémonie du Mexique. La république de Tlascala était indépendante. Mais tous ces états barbares se ressemblaient fort par leur organisation politique et sociale. Seulement, à Tlascala, le pouvoir au lieu d'être exercé par un monarque l'était par quatre seigneurs égaux entre eux et formant avec le reste de la caste nobiliaire une Borte de sénat
qui réglait les affaires imporlantes et prenait spécialement les décisions relatives à la paix et à la guerre ^ Ces sénateurs étaient choisis et envoyés dans la capitale, Tlascala, par les provinces, les tribus plutôt. Mais celte organisation en république aristocratique n'était pas de date très ancienne. Les Tlascalans avaient commencé par obéir à un roi ^ qui sans doute n'était pas absolu, puisque, même au Mexique, la royauté avait commencé par être assistée d'ua conseil aristocratique^. C'était la transformation dernière du conseil de la tribu républicaine, de la tribu peau-rouge, n'élisant un chef que temporairement et en cas de guerre : ce régime dura même très longtemps chez les tribus mayas restées indépendantes^.
Dans la ville des Miztèques, il existait un gouvernement municipal imposant au populaire des corvées obligatoires tout à fait comme au Pérou. Des officiers élus, sans doute par les nobles, décidaient des travaux à accomplir et, tous les matins, des crieurs publics appelaient du haut des édifices le populaire à la tâche. Ils avaient en outre mission de châtier les paresseux^. Dans les villes de l'Yucatan, l'on conservait encore les divisions par tribus^ et en outre les nobles devaient, sur leurs revenus, subvenir aux besoins des inférieurs âgés, malades, incapables de travaillera Dans le Mexique proprement dit, les classes inférieures furent longtemps représentées dans les conseils royaux, eurent des emplois à la cour^. Elles ne furent asservies que peu à peu et ce fut seulement le dernier empereur, Monlézuma, qui,