Bancroft, loc. ciL^ II
- 8. 76id., II, 216.
LES GRANDES MONARCHIES BARBARES. lâU
fou d'orgueil, chassa tous les plébéiens de son vaste palais, ne voulant plus être servi que par des nobles ^ Enfin, nous savons qu'au Mexique il existait encore des clans plébéiens, des calpulli, possédant un territoire cadastré, alloti entre les ayants-droits avec obligation de cultiver et interdiction de vente ^
Tous ces faits, toutes ces survivances prouvent suffisamment qu'au Mexique, comme partout, la fondation de la royauté n*a été que le dernier terme d'une évolution politique ayant débuté par la tribu républicaine pour aboutir à la monarchie absolue après avoir passé par la tribu aristocratique. C'est la marche ordinaire ; mais on n'en retrouve pas de traces aussi nettes dans la monarchie péruvienne, qui semble plutôt avoir été le résultat de conquêtes entreprises par des tribus déjà en régime monarchique.
Ces préliminaires établis, et ils sont importants pour la sociologie évolutive, je puis décrire à grands traits l'organisation politique du Mexique qui était aussi celle des monarchies voisines alliées, où même elle était antérieure, puisque déjà les Zapotèques avaient eu un roi vénéré comme un dieu. Le regard de ce monarque donnait la mort; on se prosternait devant lui la face contre terre; les représentants des plus grandes familles aristocratiques le portaient sur un palanquin et ne paraissaient à sa cour que les yeux baissés et les pieds nus^. — A Mexico, le roi avait, à l'origine, été simplement un chef élu par tout son peuple , y compris même les femmes \ Mais au moment de là conquête, le droit d'élection était réd\iit au minimum. On avait combiné Thérédilé collatérale avec un simulacre d'élection aristocra-