‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 167 sur 538 · Combes et Tamisier, loc. cit., II · texte numérisé non relu

Combes et Tamisier, loc. cit., II

LES GRANDES MOiNARCHIES BARBARES. 155

parchemin et exhibé par Tun de ses officiers ^ — Mais, en fait, il lui faut compter avec ses grands vassaux, personnages turbulents, insolents, altiers, se permettant dans leurs principautés et fiefs les plus extravagantes fantaisies ^ Or, le roi ne saurait se passer de leur concours; ils forment les cadres de son armée ^ et aussi les cadres de TÉtat, puisqu'il existe en Abyssinie toute une hiérarchie féodale, allant de Tesclave et du petit tenancier jusqu'au souverain. Du haut en bas de cette échelle sociale, tout Abyssin est lié par une dépendance quelconque. On se glorifie d'ailleurs de ce vasselage universel. Vivre en dehors de toute sujétion est presque impossible; car on se trouve alors en dehors du pacte social, on devient ce qu'on appelait, dans notre moyen âge européen, un c homme sans aveu* ».

La monarchie éthiopienne est, pour la sociologie, inlé-

ressante à divers litres. Par sa physionomie générale elle ne s'écarle guère du type des primitives monarchies, des grands États despotiques; son souverain est encore traité comme un demi-dieu ; s'avilir devant lui est honorable. D'autre part, le pays n'a môme pas l'idée d'une autre organisation; il s'admire, se ferme autant que possible aux étrangers, se sépare des États voisins par des marches abandonnées. Néanmoins la hiérarchie féodale y est déjà un progrès sur l'absolutisme d'autrefois. Partout en effet le régime féodal est une forme politique transitoire et ce qu'on peut appeler le féodalisme est fort commun dans le monde, ^ans représenter pourtant une phase nécessaire du développement politique. Souvent l'État féodal précède la grande monarchie despotique; parfois il lui succède, quand elle est

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