D'Abbadii, loc. cit
céder par des joueurs de flûte, de trompette ou de tambourin et celui d'armer de deux cents à quinze cents combattants. Les petits fiefs, dits à Thydromel, permettent seulement Tusage quotidien de cette boisson; en outre leurs titulaires peuvent, dans les campements, avoir des tentes en toile blanche, tandis que les très petits tenanciers n'ont que des tentes en grossière étoffe noire ou même des huttes en feuillage ^ — Les feudataires ont la jouissance intégrale ou partielle des impôts qu'ils lèvent sur leur territoire ^ Mais cette féodalité abyssinienne est encore de forme primitive. Elle est simplement viagère. Dans chaque province, les souverains ont fait dresser des terriers avec registre exact des biens devant faire retour au domaine impérial à la mort du feudataire^. Le souverain peut concéder le fief vacant à qui bon lui semble ; souvent il choisit les héritiers du défunt ; parfois aussi il anoblit, et enrichit d'heureux aventuriers. Quel que soit son choix, il le notifie par l'intermédiaire d'un envoyé, porteur d'un bandeau de taffetas, sur lequel est écrite en lettres d'or l'inscription suivante : « Jésus, empereur d'Ethiopie, de la tribu de Juda, toujours victorieux, i Le messager doit attacher cérémonieusement ce bandeau sur le front du nouveau feudataire : c'est l'investiture*. Les présents mêmes faits par le souverain lui reviennent à la mort des donataires; ce sont des lances, des sabres à riche poignée, des boucliers ornés d'argent, des mules fringantes, et tout cela est processionnellement rapporté au maître après le décès de l'usufruitier °. — En théorie, le roi d'Abyssinie est omnipotent. Il y a peine de mort contre quiconque ne se conforme pas à un ordre de lui, écrit sur