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dèlé européen ^ A cette époque, les Chinois admiraient la construction des vaisseaux eurc^ens, mais se refusaient à ^imiter^ Il y a une trentaine d'années, un commerçant de Canton, qui avait navigué sur des navires étrangers, s'avisa de munir une jonque chinoise d'un gouvernail à l'européenne. Mais, avant même que l'embarcation eût pris la mer, un mandarin la fit brûler, en punissant d'une amende l'audacieux novateur^.
Les personnes ne sont pas plus libres que l'industrie; ainsi, à Pékin, des règlements interdisent aux habitants de sortir de chez eux avant cinq heures douze minutes du matin ou après neuf heures douze minutes du soir \ — La manie de la réglementation est telle, qu'elle a prétendu asservir même le génie de l'invention. Si un artisan imagine quelque perfectionnement dans son art, il doit porter son ouvrage au gouverneur. Ce fonctionnaire fait placer l'objet à la porte de son palais, ou il reste exposé pendant un an et, s'il ne survient aucune critique sérieuse, le gouverneur récompense l'artiste et le prend à son service ^ En même temps les postes des frontières sont chargés d'arrêter au passage toutes les inventions qui voudraient sortir de la Chine®. — Pourtant, sous bien des rapports, la liberté individuelle existe en Chine, et même bien plus que dans la plupart de nos Etats européens. Dans tout l'empire chacun choisit à son gré sa profession. On peut être artisan, médecin, maître d'école, agriculteur, commerçant, sans qu'il soit besoin d'aucune autorisation, même d'aucune patente.
La liberté d'association est entière, pourvu que les