‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 205 sur 538 · Lettres édifiantes, XV · texte numérisé non relu

Lettres édifiantes, XV

LA MONARCHIE FAMILIALE EN Cil INE. 193

vant porté sur rorganisation politique de la Chine par un homme qui la connaissait bien : c L'organisation politique du gouvernement chinois, qui date de plus de 4,000 ans, est l'organisation la plus philosophique, la plus rationnelle, la plus dépouillée de préjugés de toute sorte, qui jusqu'ici ait jamais été appliquée en aucun temps et en aucune contrée du monde : c'est la cause de sa durée \ » Sans doute la considération de la durée a son importance, pourtant il ne faut pas trop s'y fier. D'excellentes choses ont une durée éphémère; des choses détestables subsistent indéfiniment. Encore une fois, les institutions ne valent que par les hommes. H semble aujourd'hui que tout l'édifice administratif de la Chine menace ruine et pourtant tous les rouages du gouvernement f( nctionnent avec une apparente régularité*. Les mandarins, tout lettrés qu'ils soient, ont cessé d'être paternels; le gouvernement bienveillant et désintéressé n'eiiste plus guère que dans les livres. Dans la pratique, le mandarinat ne serait plus qu'une formidable association c de petits tyrans et de grands voleurs >; mais, ajoute le voyageur auquel j'emprunte ces dures paroles, ce désordre ne découle pas du principe des institutions ; il en est au contraire la violation flagrante^ : c'est la pratique qui a divorcé avec la théorie. Pourquoi ? Il faut peut-être en chercher la raison dans le mode même de recrutement de la classe des lettrés et dans les conséquences morales qui, à la longue, ont dû en résulter. — Mais cette recherche a, pour nous, un intérêt direct d'actualité; car, d'une manière générale, notre occident a évolué comme la Chine. Nous aussi, nous avons essayé, nous essayons encore, de remplacer l'hérédité nobiliaire par le concours démocratique ; seulement notre tentative est d'hier,

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