Ibid
des voyages qui durent des mois, parfois des années ^ Les marabouts n'ont point de serfs de leur race; la religion musulmane, rigoureusement comprise, ne le permet pas; mais ils ont des serviteurs attachés de père en fils à leurs personnes, sans aucune attribution, pour l'honneur. Sous la direction de ces serviteurs, de nombreux esclaves noirs soignent les troupeaux et vaquent aux travaux domestiques ^ — A rexception des tribus de marabouts, les Touareg de races nobles ne répugnent nullement au servage ou au colonat. Cette forjne d'esclavage mitigé est même la base de leur organisation sociale. Il y a des tribus nobles {Ihaggâren) et des tribus serves {Imrhâd)^ vivant sous la dépendance absolue des premières. Enfin il existe quelques tribus seulement assujetties et payant simplement une redevance aux nobles ^.
Les serfs touâregcultivent les oasis, soignent les troupeaux, assistent leurs maîtres à la guerre; mais il ne peuvent porter qu'un poignard, une lance en bois et sont vêtus de cuir. Les épieux de fer, les longues épées sont des armes aristocratiques, interdites aux serfs\ Au-dessous des nobles, mais constituant encore une classe supérieure, vient la caste des forgerons, chargée de fabriquer ou réparer les armes et jouissant d'une grande considération ^
Les Touareg, du moins les Touareg du nord, se divisent en deux grandes sections ou confédérations, celle des Azdjer, à l'est, et celle des Ahâggar, à l'ouest. Le servage est beaucoup plus répandu chez les premiers, chez les Touareg orientaux, que chez ceux de l'ouest. Pour nourrir un noble Azdjer, il suffit de quatre serfs; mais il en faut huit pour entretenir