‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 218 sur 538 · Barth, loc, cit., IV · texte numérisé non relu

Barth, loc, cit., IV

CHEZ LES BERBÈRES. â07

idéal moral nous sont révélées par le propos suivant tenu par des Touareg & un voyageur, c Les cinq mots Imô-> gaghf Imocharh, Imajirheny Temâhaq^ Temâcheq^ noms de notre race et de notre langue, ont la, même racine que le verbe iôhngh, qui signifie : il est libre, il est franc; il est indépendant; il pillée > Le dernier mot f il pille » est élpgieux pour les Touareg, qui respectent seulement la propriété des gens de leur tribu, ou de leurs amis ou alliés. On sait que cette manière d'entendre la probité est générale chez les peuples sauvages ou barbares, pour qui l'étranger est toujours plus ou moins Tennemi.

Ces nobles Touareg, dont la barbarie ne va pas sans une certaine générosité, évitent soigneusement tout travail manuel ; ils prennent l'existence par le côté qui leur parait relevé, poétique. Pourtant il faut vivre et cela ne se peut que moyennant certaines occupations aussi prosaïques qu'indispensables; mais ces humbles travaux sont, chez les Touareg, laissés à des serfs de race berbère et à des esclaves nègres. Ces derniers, les noirs, servent presque exclusivement de domestiques et sont ordinairement traités avec douceur*. Pourtant, sur les confins méridionaux du Sahara, Barlh a vu trois esclaves attelés à une charrue légère et excités au travail par leur maître exactement comme desbétes de somme'^. Ces esclaves noirs sont souvent affranchis à la mort de leurs propriétaires et vont former ou grossir des tribus de serfs noirs. Ayant ainsi obtenu leur liberté personnelle il devient licite aux nègres d'épouser des femmes blanches. C'est de cette manière sans doute que se sont formées ces races métisses, mi-partie berbères et nègres, si répandues dans l'Afrique moyenne.

J. Duvcyrier, loc. cit., 318.

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