Barth, Voy. en Afrique, I
Les serfs de race berbère, les imrhâdy ne sont pas cependant exonérés de toute dépendance personnelle. Le plus ordinairement, le maître leur laisse la liberté de cultiver en paix les oasis pendant qu'il rôde dans le désert ; mais à Tépoque de la récolte, il vient percevoir la dîme des fruits du sol et se remonter en chameaux. En outre> on tient toujours à sa disposition du beurre et le lait de dix brebis ou chèvres. Certains troupeaux appartiennent aussi au maître et les serfs en ont la garde ; on les appelle même à cause de cela Kéloullij %ens du bétail ^ Mais, malgré ce régime relativement doux, le serf berbère reste toujours, en droit, la propriété de son maître, qui peut en exiger des corvées, même rentier abandon de tout ce qu'il a pu amasser^ Le serf touareg est attaché à la glèbe; il se transmet avec elle par donation ou héritage, maison ne le vend pas isolément, comme l'esclave noir^ Dans la pratique, les abus de pouvoir, de la part des maîtres, semblent assez rares ; aussi, les serfs berbères sont en général dévoués à leurs propriétaires. Tous sont armés^ conformément aux lois somptuaires; tous accompagnent volontiers leurs maîtres dans les combats et se font même un point d'honneur de défendre leur cause*. Les mœurs, on ne saurait trop le redire, sont souvent plus fortes que les institutions.
L'organisation politique des tribus touareg n'est pas partout uniforme. Là où domine le sang berbère» on trouve la municipalité démocratique, mais sous la suprématie héréditaire des familles nobles ou religieuses; dans les villages noirs, on vit sous un régime franchement aristocratique \ Souvent un lien fédéral relie les tribus et villages; ainsi le