IV. — LES KABYLES BARBARESQUES
Chez tous ces Berbères barbaresques, le plus souvent monlagnards, on trouve comme élément premier, comme cellule du corps social, le clan, la gens consanguine, appelée en Kabylie la kharoiiba, consistant tantôt en une seule famille très nombreuse, tantôt en un groupe de familles consanguines ^ Chaque kharouba forme, dans son village, un quartier séparé. C'est une pei*sonne civile, capable de posséder, d'aliéner, de recevoir; elle a son conseil dirigeant spécial, sa djemâa familiale; elle peut engendrer d'autres kharoubas, par un procédé analogue à ce qu'on appelle en embryogénie le bourgeonnement'. La kharouba kabyle est bien l'unité sociale primaire, le clan consanguin, d'où sont sorties presque toutes les société humaines et il est intéressant de retrouver en Kabylie ce clan bien vivant et agissant, dans toute sa force productive. En se fédérant, les kharoubas^ issues d*ailleurs les unes des autres, forment une unité sociale plus relevée, le taddert ou taddarty le village^.
Le village kabyle est un petit État. Sa structure politique, évidemment copiée sur celle de la kharouba^ est pourtant plus complexe» mais entièrement républicaine. Le pouvoir politique y réside dans l'ensemble de tous les citoyens mâles et majeurs, et la majorité politique se détermine non pas d'après Tàge exact, mais d'après certaines aptitudes physiques. Est majeur quiconque peut supporter le rigoureux carême musulman, le jeûne de rhamadan. Et c'est ordinairement à