Ibid
l'époque de la puberté, vers 15 ou 16 ans, que Too entre dans la vie politique. Cette majorité politique entraînant de lourdes charges fiscales et militaires, les parents essayent parfois d*en exempter leurs fils. La question se juge alors par une expérience enfantine, survivant encore dans les traditions populaires de divers pays, notamment de notre Bre^ tagne. C'est l'expérience dite du fil. Les deux bouts d'un fil, juste assez long pour faire deux fois le tour du cou, sont mis dans la bouche du jeune garçon à examiner et fixés entre ses dents. Si l'anse, ainsi formée, peut passer par-dessus l'occiput, l'adolescent est déclaré majeur et sa famille est frappée d'une amende, comme ayant essayé de frauder le village ^
La totalité des citoyens réputés majeurs constitue dans^le village une assemblée souveraine, la c(;>mâa. La présence aux asseinblées de cette djemâa^si obligatoire; quiconque s'y dérobe est puni d'une amende. Or, la djemâa s'assemble, chaque semaine, ordinairement le lendemain du marché ^ Les séances se tiennent tantôt en plein air, tantôt dans la mosquée ou dans un édifice spécial, muni de bancs de pierre. Ces séances sont très longues, très animées et l'on y tient des discours interminables. Dans ces petits parlements, les vieillards, les personnages influents peuvent prendre la parole sans la demander au président; les autres, non. Dans les aflaires très importantes, la djemâa ne doit prendre de décision qu'à l'unanimité. Parfois, pour arriver à un accord, on s'en remet à l'arbitrage d'un marabout ou d'une autre djeniâa. Dans toutes ces délibérations on tient grand compte de l'opinion des gens âgés, des Ak' aly c'est-à-dire des hommes réputés de bon conseil, des sages ^ Au contraire