‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 239 sur 538 · id., il · texte numérisé non relu

id., il

Certains émirs peuvent ainsi réunir plusieurs milliers de eombaitants^ C'est donc bien là une ébauche de monarchie reposant sur le trépied ordinaire de la naissance, de la richesse personnelle, de la force militaire. — Si les Arabes nomades n'ont pas marché plus avant dans cetle voie, cela est sans doute imputable aux conditions même de leur habitat. L'Arabie dite Pétrée ne se prête pas à la formation de eentres importants ; il n'est pas aisé non plus d'y amasser de grandes richesses ; enfin la lutte pour l'existence y est rude et, là comme ailleurs, l'homme, alors qu'il est exposé à de perpétuels dangers, ne se dépouille jamais complètement des sentiments de solidarité, de fraternité, sans " lesquels la vie lui deviendrait impossible.

Là où les Arabes ont pu se fixer, s'adonner à l'agriculture, ils ont fondé, comme les peuples des autres races, des monarchies plus complètement organisées. Les auteursanciens nous en signalent une chez les Sabéens de l'Arabie heureuse et nous disentque les monarques y étaient absolus et ne rendaient à personne compte de leurs actes'. Il y a une vingtaine d'années, l'Oman était ainsi constitué en petite monarchie barbare. Chaque ville, chaque bourgade avait son chef particulier, que le roi pouvait nommer ou révoquer à son gré, à la seule condition- de choisir le successeur toujours dans certaines familles aristocratiques. Le droit de paix et de guerre, la fixation du tarif des douanes appartenaient au roi, chef d'une petite armée permanente. Relativement à la tribu nomade, l'Oman était déjà un Étal de quelque importance, puisqu'on y comptait 27,400 habitants sédentaires et 166,000 nomades. Le chiffre •des revenus royaux atteignait seulement 363,000 fr. ^

1. Voy. par ordre (lu ro y, etc., 116, 132. —Fr. Houssay, Souvenir t d'un voy. en Perse (Revue des Deux Mondes, 1887.)

Page 1