‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 238 sur 538 · Mayeux, les Bédouins, III · texte numérisé non relu

Mayeux, les Bédouins, III

lui-même servait ses convives'. Le eheik est le chef des hommes de sa tribu; il est aussi leur juge et, en cas de sentence capitale, il est parrois tenu d'être lui-même leur bourreau'; mais il lui est interdit d'entreprendre rien d'important sans l'avis des principaux membres de la tribu^. C'est le cheik qui règle les déplacements de la tribu, l'ordre dans lequel il faut user des pâturages. C'est lui qui, le cas échéant et en percevant un droit, donne l'autorisation de cultiver telle ou telle parcelle du territoire commun (F. Houssay, Souvenirs d'un voy. en PersCy in Revue des Deua MondeSy 1887.) — Le cAetA perçoit un tribut invariable, fixé depuis l'antiquité, le droit des princes j en outre la dlme des revenus payée par tout Arabe de 17 à 70 ans et des droits de passage frappant les caravanes. Enfin les terres cultivées lui paient redevance (C. Mayeux, les Bédouins^ III, 92).

En résumé, la tribu arabe est une sorte de trait d'union entre la tribu franchement républicaine et la tribu monarchique : l'organisation générale en est encore démocratique ; seulement le chef jadis élu est devenu héréditaire.

Les tribus arabes sont ordinairement confédérées et ces confédérations ont aussi une tête monarchique, un roi, un émir. Dans le roman d'Ântar, on salue ce chef suprême en: baisant la terre devant lui*. Cet émir ou roi est toujours riche et puissant;'il a des centaines d'esclaves, chargés, de faire pailre ses chevaux, chameaux et brebis; ses fils sont opulents, comme lui'. Or, tel est encore le régime moderne. Les émirs ont toujours un grand état de maison ; ils sont les suzerains des cheiks, qui, au premier appel, les doivent rejoindre avec les contingents guerriers de leurs tribus.

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