Lévitiquef xxv, 31-43 (trad. Lcdrain
à temps, refusait de profiter de l'année sabbatique pour ré" cupérer sa liberté^ il tombait définitivement en servitude et on lui en infligeait le stigmate, en lui perçant Toreille contre la porte de la maison ^ Pour les non Israélites, Tesclavage n'avait point de ces tempéraments : « Ton esclave mule ou femelle, c'est des nations, tes voisines, que tu l'acquerras ainsi que parmi les fils des passagers et des colons, qui habitent avec toi ; c'est d'eux et de leurs familles résidant parmi vous et ayant enfanté en votre pays, que vous tirerez vos esclaves et ils seront votre propriété. Ce sera un héritage, dont profiteront vos fils après vous et qu'ils posséderont perpétuellement '. » Or, pour ces esclaves héréditaires, la mansuétude israélite était médiocre : a Si quelqu'un frappe avec le bâton son esclave mâle ou femelle, de façon qu'il expire sous sa main, on en tirera vengeance. Mais, s*il vit encore un jour ou deux, il ne sera point vengé ; car c'est Yargeni du maître ^, » Ce dernier trait est typique et il met déjà en lumière le vilain côté d'Israël.
Les tribus républicaines des Hébreux avaient donc, dans leur organisation sociale même, les germes d'une future monarchie. Ces germes fructifièrent. Les Juges commencèrent d'abord par essayer de léguer leur autorité à leurs fils : c'est ainsi que partout et dans toutes les races, s'est fondée la royauté héréditaire. On voit Schemouël (Samuel) tenter d'établir ses fils à sa place comme Juges. Déjà, au témoignage de la Bible, cette seconde génération est viciée, vénale ; ces fils de Samuel vendent leurs arrêts pour des présents*. Emus de ces iniquités, les anciens s'assemblent pour aviser; après délibération, ils décident qu'un roi serait
i. Exodey XXI, 1-10.