Samuel, viii, 4-18 (trad. Ledrain
fait preuve d'aucune originalité et le despotisme des souverains, qu'il avait si bien mérités, est aussi des plus vulgaires. Point par point, ils réalisèrent les prédictions du vieux Samuel, d'ailleurs sûrement faites après coup, comme la plupart des prédictions exactes. Le bon plaisir de David est tout aussi affranchi d'entraves que celui des roitelets de l'Afrique centrale. Ce pieux monarque a le droit de désigner, de par son autorité souveraine, celui de ses fils qui lui devra succéder ^ ; les nabis eux-mêmes, les prophètes, se prosternent devant lui, la face contre terre^ Bethsabée, la favorite, est astreinte à cet humiliant cérémonial (i?ot5, 1, 5-17). L'histoire de cette Bethsabée prouve aussi fort clairement, que toutes les femmes étaient à la disposition du souverain. La Bible rapporte le fait en termes d'une éloquente crudité : « Vers le soir David, se levant de sa couché, se promena sur le toit de la maison royale. De là il vit une femme, qui se baignait, fort belle de visage. Le roi s'enqiùt de cette femme, en disant : « N'est-ce pas Batth-Schéba, fille d'Ëliam, femme d'Ouriya (Uri), le Hitthite? > — Des messagers l'allèrent prendre de la part du roi. Elle vint devant David, qui coucha avec elle. S'étant purifiée de sa souillure (coucher de semence^ Lévitiqu^. XV, 18), elle retourna dans sa maison ^ > On sait comment ensuite le pauvre mari, Ouriya, paya de sa vie le tort d'avoir une trop jolie femme. En ces matières le roi d'Àbyssinie ne se gêne pas plus aujourd'hui que ne le faisait David; mais au moins il ne tue point les maris.
Le procédé, auquel on eut recours pour ranimer la vieillesse de David est de même ordre que l'histoire de Bethsabée et, comme elle, nous fait bien comprendre ce que devait être
i. /low, I, 5-30.
t. Ibid.