I Rois, V
244 L'ÉVOLOTION POLITIQUE
En même temps Salomon organisait son petit empire, comme s'il était sa propriété personnelle, sans plus se soucier de l'ancienne répartition en tribus. Il se créait un noyau d'armée permanente, recruté chez les Philistins*, et divisait son territoire en douze arrondissements, administrés par autant de commissaires royaux. Chacun des ces arrondissements devait entretenir, pendant un mois, le roi et la maison royale, la cour, le harem, les écuries*. Toute une administration centralisée fut établie. Il y avait un grand percepteur des impôts, un intendant, un chef des préfets, lesquels étaient de simples agents du fisc. On prélevait des tributs sur les petites nations soumises, des droits sur les caravanes. Toutes ces ressources, ajoutées aux trésors accumulés à main armée par David, faisaient au propriétaire d'Abisag une situation opulente. Il mangeait dans de la vaisselle d'or; ses gardes avaient des boucliers en or; « on n'estimait en rien l'argent aux jours du roi Salomon » \
Ce pieux souverain, à quiElohim avait donné € une grande sagesse, une grande subtilité, et une grande étendue d'intelligence, comme le sable qui est au bord de la mer » * avait un harem composé, dit la Bible, de 700 princesses et de 300 concubines; € ses femmes, ajoute le texte sacré, firent fléchir ses sentiments^ » : on fléchirait à moins. Cette popula* tion du sérail était composée en grande partie d'esclaves étrangères, achetées en Egypte et en Phénicie, et pour le surplus d'otages répondant de la fidélité de leurs pères ou de leurs frères^. Tout cela est barbare, mais, en somme, ^ssez banal. Nous sommes déjà, et nous le serons davantage encore^