‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 28 sur 538 · Dignité et accroissement âes sciences (pn^faro · texte numérisé non relu

Dignité et accroissement âes sciences (pn^faro

tout est seunris à TuiiiverseUe loi d'un changement, dans rensemble, progressif. Des travaux nombreux et ayant eu souvent une portée révélatrice ne lui permettent pas de mettre en doute la primitive identité d'organisaliou chez toutes les races et variétés du geni^ humain. Il lui est donc permis de reporter dans le temps ce qu'il observe dafts l'espace, de sérier les divers types humains, du plus humble au plus élevé, et de considérer les multiples états sociaux, créés par eux, comme les étapes d'une graduelle évolution.

Deceltevue générale résulte une méthode ethnographique, qui, en s'aidant de l'archéologie préhistorique et de l'histoire primitive, permet de remonter sans peine à des origines longtemps réputées inaccessibles. Enûn, cpmme appoint, secondaire sans doute mais pourtant précieux, l'histoire évolutive des sociétés consulte la sociologie animale. Celleci, moins compliquée, moins touffue que la sociologie humaine, en est souvent le schéma^ le plan simpliûé; car poiu* les fonctions et besoins de premier ordre, l'humanité ne diffère point essentiellement de l'animalité. En conséquence, et comme je l'ai fait dans mes précédentes études, je dois, avant de m'occnper des sociétés créées par les races humaines inférieures, jeter un coup d'œil sur les sociétés animales. Le parallèle ne laissera point d'être instructif.

Hais tout d'abord il importe de bien préciser ce que l'on doit entendre par le mot c société ». Des sociologistes, ceux surtout qui se sont occupés des sociétés animales, ont parfois confondu l'idée de société avec le fait de la simple agrégation. C'est évidemment forcer le sens des mots. L'idée de société implique essentiellement l'idée de concours actif et conscient. Les polypes, les madrépores, les ascidieS; les huîtres, etc., vivent en état de juxtaposition, mais point en société. Il y a société là seulement où des êtres doués plus ou moins de sensibilité, de volonté, d'intelligence, pour-

suivent ensemble un but commun. Plus le concours apporté par les membres d*une société à Tintérèt général est spontané, entier, plus le corps social est vivant; il languit au contraire et décline à mesure que prévaut Fégoîsme individuel! Hais, chez les animaux, le concours est tantôt volontaire, tantôt imposé ; il peut se prêter de diverses manières, d'où plusieurs 4ypes de sociétés aiiimales, susceptibles d'être rangés sous les étiquettes générales de monarchiej aristocratie, démocratie, tyrannie ou république à côté des sociétés humaines de même ordre.

Il nous faut donc passer rapidement en revue ces sociétés zoologiques, et il en est, qui, au point de vue de la solidarité, c'est-à-dire de ce qui est le ciment même de toute société, peuvent faire honte à la plupart des sociétés humaines. Nous verrons en même temps, que, pour l'organisation politique comme pour le mariage, la famille et la propriété, ces bases cardinales des sociétés, le degré de perfection atteint par les diverses espèces animales n'est aucunement corrélatif à la place qu'elles occupent dans la hiérarchie anatomique, puisque des animaux invertébrés, par exemple, les fourmis et les abeilles, laissent bien loin derrière eux les vertébrés mammifères, même les primates.

Pour être contraire à toutes nos idées préconçues, le fait n'en est pas moins réel; mais il est encore une autre opinion, très géoéralement admise, qui se trouve mise à néant par la sociologie animale; c'est celle qui fait de la famille telle que nous la concevons, du groupe minuscule des progéuiteurs et des enfants, la pierre angulaire de toute société. Sans doute certaines compagnies, certaines hordes ou troupeaux d'animaux se forment par cela seul que les jeunes restent près de leurs géniteurs et vivent avec eux; mais, comme le fait justement remarquer M. EspinasS 1^ mobile de cette agréga-

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lion, habituellement d'un genre très inférieur, n*est ni le penchant sexuel, ni l'un des sentiments qui peuvent attacher les parents aux jeunes ou les jeunes aux parents ; c'est un instinct plus général de sociabilité. Cet instinct n'attend pas, pour se manifester, Tâge des amours, et il lui servit; non seulement il n'est point fortifié par les affecdoDs domestiques, il est plutôt contrarié par elles. En résumé, chez les animaux, l'égoïsme familial s'oppose à la formation des sociétés nombreuses, bien loin de les favoriser. Ainsi les sociétés d'animaux monogamiques sont toujours composées de très peu d'individus, et inversement toutes les peuplades considérables vivent sous le régime de la promiscuité ou de la polygamie ' ; en fait, dans le régne animal, la famille et la peuplade sont antagoniques. Ces préliminaires établis, nous pouvons examiner les diverses formes des sociétés animales.

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