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vile et plus complètement affranchi du joug théocratique, par suite les fantaisies des rois ont pu se donner encore plus librement carrière. Malheureusement, au sujet de la Perse ancienne, nous ne pouvons puiser dans aucune mine de renseignements comparable au Code de Manon. Le Zend- Avesta est surtout un traité liturgique où les notions sociologiques sont pauvres et rares. Ce livre nous donne pourtant ridée d'une population barbare sans doute, primitive, mais non dépourvue d'une certaine noblesse morale. Cette société des anciens Perses est surtout agricole ; le travail des champs y est glorifié; les péchés et môme les délits s'y expient en détruisant les animaux nuisibles à Tagriculture^ La famille y est estimée, mais il faut entendre sans doute la grande famille primitive, le clan, mentionné d'ailleurs par Hérodote, et non pas notre petite famille moderne. Dans VAvesia, l'idée de caste ressort de l'horreur qui y est manifestée pour les croisements entre purs et impurs, entre Mazdéens et infidèles. D'autre part, la tradition rapporte que, primitivement, sous le règne légendaire de Djemschid, la population de la Perse se partageait, comme celle de rinde, en quatre castes : les prêtres, les guerriers, les laboureurs et les artisans, sans compter naturellement les esclaves.
Ces traditions sont muettes sur l'évolution politique, qui a eu pour résultat l'établissement de la'monarchie absolue; mais nous pouvons suppléer à leur silence. Aujourd'hui même, après tant de siècles, après des conquêtes, des révolulions politiques et surtout religieuses, nous trouvons encore à iabase de la société persane la communauté de village, c'està-dire le clan totémique modifié, qui, depuis les origines sociales du pays, a bravé tous les bouleversements. La mo-