‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 287 sur 538 · IV. — LA NAISSANCE ET LA MORT DES EMPIRES BARBARES · texte numérisé non relu

IV. — LA NAISSANCE ET LA MORT DES EMPIRES BARBARES

Dans la suite de notre voyage d'exploration à travers lés constitutions politiques, adoptées par les diverses races, nous ne retrouverons plus de monarchie barbare organisée sur le type p)rimitif, comme l'ont été celles de l'Inde et delà Perse. Le moment est' donc venu de formuler quelques appréciations sur cette forme de gouvernement. — L'étude sociologique des monarchies barbares prouve d'abord , une fois de plus, l'originelle identité de la nature humaine sous l'apparente* bigarrure des races. Après une suffisante éducation morale ou plutôt immorale, tous les hommes, noirs, jaunes ou blancs, se plient avec une égale docilité à Tabject régime de la monarchie barbare. Seulement les blancs raffinent sur la servilité, comme sur le reste. Ainsi les hommes de toute couleur se prosternent à la manière canine devant le maître ; mais, seuls, les Aryens de l'Inde ont eu l'ingénieuse idée d'adorer le pied du roi, fardé et paré pour la circonstance. Les races blanches peuvent donc surpasser les races de couleur en bassesse, comme en toute chose.

D'autres enseignements ressortent encore de ces vastes expériences sociologiques, faites par les grandes monarchies barbares. On ne peut leur dénier une certaine utilité; elles ont sûrement assoupli les peuples, qui ont passé par ces écoles de dressage, mais toujours en dépassant le but. Plus d'une fois déjà, j'ai eu l'occasion de faire remarquer, en parlant de l'esclavage, qu'il démoralise à la fois les esclaves et les maîtres. Tout se permettre avec les inférieurs, c'est se préparer moralement à tout supporter des supérieurs; or, dans les États despotiques, on est toujours l'esclave de

quelqu'un. Mais, à ce régime d'oppression répercutée, les nations unissent invariablement par perdre tout ressort moraly et dès lors elles deviennent une proie facile pour les envahisseurs. Touteâ les monarchies barbares ont été fondées par l'énergie de tribus pauvres, plus ou moins imbues encore de l'esprit républicain. Réunies sous un chef militaire, ces tribus ont pu constituer une force irrésistible pour leurs voisins. Mais une fois victorieuses sans conteste, le despotisme monarchique s'est affermi dans leur sein ; elles sont devenues des écoles de bassesse, par suite de faiblesse, et n'ont plus formé que de grands États énei^vés, impuissants à repousser Tassant même d'une poignée de conquérants énergiques. L'empire des Perses, celui du Grand Roi, tout puissant en apparence, n'était qu'un colosse aux pieds d'argile qui s'écroula à la première chiquenaude d'Alexandre. Dans rinde, les Mongols, les Arabes, enfin les Européens ont de même et sans plus d'effort subjugué des foules avilies; or le relèvement moral de ces multitudes est chose lente et difficile à obtenir. Même affranchies, elles conservent encore l'empreinte de l'esclavage, comme les galériens d'autrefois gardaient leur marque sur l'épaule après leur libération. Toujours les nations, brusquement délivrées après un long asservissement, ont grand'peine à user dignement de leur liberté trop facilement reconquise. Longtemps un instinct acquis, mais invétéré, les pousse à se courber quand même devant la force : elles ont besoin d'un maître.

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