Ihid.y I
Le souverain est le maître de toutes les fortunes et il peut capricieusement dépouiller les uns pour enrichir les autres ^ — Les nécams ou ordres du roi ont force de loi et ils sont directement adressés aux gouverneurs sans que le peuple en ait connaissance'; ces ordres sont dictés par la fantaisie; tantôt, par exemple, Tusage du vin est permis; tantôt il est interdit sous peine de morl^. Les grands sont bâtonnés sur la plante des pieds tout comme le vulgaire, sur un signe du maître; la plupart des minisires étaient ou avaient été ainsi traités, il y a peu d'années encore : cela ne déshonore nullement*.
La perception des impôts n'est en Perse qu'un vaste système d'extorsion; tous les fonctionnaires, maniant les deniers publics, s'enrichissent ^ et du haut en bas de la hiérarchie le supérieur vole l'inférieur. Au dernier degré, la classe des cultivateurs s'ingénie sans cesse à ruser avec les représentants du fisc pour être dépouillée le moins possible® et conserver le peu qu'il lui faut pour vivre. A ce métier, un peuple, si bien doué qu'il ait pu être d abord, ne saurait manquer de dégénérer moralement; c'est ce qui est arrivé, pour la nation persane, opprimée sans trêve au moins depuis l'époque de Cambyse et qui, au témoignage de tous les observateurs,est devenue un parfait modèle de servilité, de fourberie, de bigoterie et de cruauté : c'est l'ordinaire résultat du despotisme suffisamment prolongé.