I. — ATHÈNES AVANT SOLON
Si rimportance d'un pays se mesurait à sa seule étendue, TAttique et sa capitale, Athènes, feraient pauvre figure dans rhistoire du genre humain; mais c'est uniquement par les
idées soulevées, par les progrès accomplis, que les États et les hommes méritent de laisser derrière eux un souvenir durable et, à ce dernier point de vue, Athènes occupera toujours une place d*honneur dans le panthéon de l'humanité. Dans ce petit coin du globe a vécu le plus intelligent des peuples, celui qui, le premier, a eu toutes les idées générales, qui, le premier, a tout tenté et qui finalement, des siècles après avoir perdu son individualité politique, a pu servir encore à tout notre occident de levain intellectuel. Aujourd'hui on ne peut que souscrire à l'éloge enthousiaste que Lucrèce faisait déjà d'Athènes :
Athènes, ce nom plein d'éclatante lumière, Aox mortels inquiets Athènes, la première, Apporta le trésor des moissons et des lois, Donnant la vie à Thomme une seconde fois^
Mais, si glorieux qu'ait été son âge adulte, l'Attique, comme toutes les contrées, a eu son enfance et il est bien intéressant pour la sociologie de constater que cette enfance a ressemblé à toutes les autres. Là encore nous retrouvons à l'origine le clan familial, la gens (vevoç), qui semble bien avoir été, en tout pays, la pierre angulaire des sociétés humaines. La tradition voulait que la population de l'Attique se fût d'abord groupée en douze bourgades % dont on attribuait la fondation au légendaire Cécrops. Ces bourgades, que l'on peut appeler des tribus, se fondirent plus tard ensemble pour former la cité d'Athènes % sous l'influence de Thésée, s'il faut en croire les vieilles chroniques. La tradition affirmait encore, au dire de Pausanias, que ces tribus athéniennes étaient, de longue date, en régime mo-