Plularque, Theseus, XXVIIï
narchique, puisque même avant Cécrops chacune d'elles aurait eu son roi. A côté des rois ces tribus avaient aussi des grandes familles, des clans aristocratiques, dont les noms se perpétuèrent durant les âges historiques : lesCécropides, les Eumolpides, etc.
Bien après la fondation d'Athènes, jusqu'au vi* siècle avant Jésus-Christ, la primitive organisation persista malgré la centralisation politique : toujours il subsista des clans, des tribus, des phratries. Chacun de ces clans consanguins comptait une trentaine de petites familles, de ménages; trente clans formaient une phratrie et trois phratries une tribu. Le nombre de ces dernières finit par se réduire à quatre, sans doute en absorbant ou adoptant les autres: les Hoplètes, les Aegicores, les Géléontes et les Argadéens. Le clan, le 7EV0Ç, unité primaire du corps social, était un petit groupe d'individus, qui s'attribuaient un ancêtre commun,V éponyme, adoré comme un dieu ^ : mais, avec le temps, les clans, pour des raisons de convenance, d'utilité, admirent dans leur sein des étrangers et dès lors le clan, la gens^ fort agrandi, commença à se différencier. Les vrais descendants de Véponyme formèrent une classe de nobles. Des clans entiers furent ainsi réputés nobles, par exemple celui des Codridesou descendants deCodros. D'autres clans, nobles aussi, faisaient remonter leur origine à quelque inventeur célèbre et portaient, pour cela, un qualificatif industriel. Ces nobles, de toute origine, finirent par constituer une sorte de caste, celle des gens bien nés, des Eupatrides, des € beaux et des bons » , qui accaparèrent le pouvoir religieux et politique. Seuls, ils pouvaient, dit Plutarque, interpréter les lois, enseigner les choses sacrées; € seuls, ils pouvaient être élus aux offices de la chose publique' >. Les roturiers étaient composés des géomores et