Espinas, Sociétés animales, ài^. S. Ibid
qui forment de grandes sociétés, vivent en promiscuité ou en polygamie. Ainsi font la plupart des ruminants, certains solipèdes. Les bœufs, les antilopes, les moutons, les chevaux sauvages se comportent de la même manière. Les phoques, qui se réunissent aussi en nombreux troupeaux ok il semble exister une certaine organisation sociale, puisque ces troupeaux se gardent et posent autour d'eux des sentinelles S sont aussi polygames. — Mais c'est le régime de la promiscuité, qui, bien plus encore que les mœurs polygamiques, semble favoriser la formation de grandes sociétés d'animaux mammifères, celles des chevaux sauvages, des Ânes sauvages, des bisons.
Chez les animaux comme chez les hommes, une certaine organisation, une certaine différenciation, s'imposent ordinairement dès que le groupe devient important. Cet ordre social parait déjà avoir atteint quelque complication chez les chevaux sauvages agrégés quelquefois au nombre de plusieurs milliers. En effet, durant la marche, ces importants troupeaux se subdivisent en petits groupes, s'avançant par files et ayant, chacun, une sorte de chef. Ce chef, ce surveillant, est placé sur les flancs de la colonne; c'est lui, qui, le cas échéant, donne le sigaal de la retraite; parfois une espèce d'adjudant en sous-ordre veille à maintenir la rectitude dans les rangs. En cas de bataille, la troupe chevaline charge d'ensemble à un signal particulier ^ Sans doute ce n'est pas là un ordre social proprement dit, mais c'est à coup sûr un ordre militaire, et il est difficile que le second ne suppose pas plus ou moins le premier.
Les bisons, dont les peuplades comptent aussi des milliers de tête, adoptent de même pour émigrer l'ordre en colonnes denses. Ils ont, comme les chevaux, des instincts straté-