LA CITÉ HELLÉNIQUE
Brièvement sans doute, mais aussi exactement qu'il m'a été possible, j'ai retracé le cours de l'évolution politique
dans les deux principaux états de la Grèce antique, à Sparte et à Athènes. Seules, ces deux cités ont pu briguer Thégémonie hellénique et elles sont particulièrement intéressantes parce qu'elles personnifient, l'une, la tradition monarchique fort atténuée d*ailleurs; Tautre, la démocratie. Toutes les cités grecques ont, au point de vue politique, gravité plus ou moins autour de ces deux cités maîtresses. Mais toutes ont été des € cités » et leur organisation fondamentale est assez analogue. Dans notre langage courant, nous traduisons sans hésiter le mot cité par le mot ville. Rien pourtant n'est plus différent de la cité hellénique que nos villes modernes, ces confuses agglomérations d'individus n'ayant presque pas d'intérêts communs. La cité hellénique est tout autre chose; c'est une association de citoyens étroitement liés par des sentiments et des intérêts solidaires : il ne sera donc pas inutile d'en décrire l'organisation.
La cité hellénique est un petit État composé d'une ville capitale, autour de laquelle sont disséminés quelques centres de population plus petits. L'ensemble n'occupe qu'un espace fort restreint. Le territoire de la cité de Corinthe ne mesurait pas plus de quatre lieues carrées et la population libre n'y était que de cinq mille âmes environ S Les conditions favorables à la prospérité d'une cité grecque étaient : une bonne situation, une industrie florissante, un commerce actif et une force militaire suffisante pour se défendre soimême et au besoin attaquer les voisins.
La cité était toujours le résultat d'une fusion incomplète de petites tribus préexistantes et chacune de ces tribus avait eu ses clans consanguins, ses dêmes. Or, chacun de ces groupes préexistants avait, au sein de la cité, plus ou moins conservé ses traditions civiles et religieuses, même une certaine autonomie. Pour jouir du droit de cité, il fallait appar-