V. — l'empire et la décadence
En traitant de réyolulion de la propriété, j'ai montré comment la ruine de Rome résulta des progrès de la ploutocratie; comment, sous la république même, la propriété foncière avait fini par être accaparée par une petite minorité, qui la faisait cultiver par des esclaves; comment, sous Tempire, le colonat vint s'ajouter à l'esclavage, beaucoup d'hommes libres en étant réduits, pour subsister, à s'attacher volontairement i la glèbe.
Le paupérisme de la masse des citoyens facilita beaucoup l'établissement de l'empire ; il n'en fut pas la seule cause. La principale fut sûrement la guerre, la manie des incessantes conquêtes. Il fallut avilir le titre de citoyen romain en raccordant d'abord aux Latins, puis aux Italiens, puis à nombre de provinciaux; mais en même temps, comme la division des classes reposait surtout sur le plus ou moins de fortune, les nouveaux citoyens possédant plus de 100,000 as pouvaient devenir chevaliers'. Mais ces nouveaux dirigeants étaient nécessairement étrangers aux patriotisme fervent des citoyens de l'ancienne Rome, combattant pro aris et focis. La plupart d'entre eux étaient surtout préoccupés de se créer ou