A. Thierry, loc. cit
population libre se divise en hauts fonctionnaires, les optimatesj en une classe moyenne que la loi des Burgundes appelle les médiocresy et en leudes. Les leudes sont simplement des hommes de naissance libre, mais engagés au service d'un grand. Comme l'ancien compagnon germain, le leude doit au roi une rigoureuse fidélité ; en retour, il est l'objet d'une protection spéciale et sa vie est taxée au triple de celle des hommes libres ordinaires ^ Les optimatcs sont les grands fonctionnaires, promus à ce haut rang non par droit de naissance, mais par la grâce du maître; aussi leur dignité n'est-elle pas héréditaire ^ Les ducs et les comtes sont dans la classe des optimates. Le duc, qui porte un titre si romain, gouverne plusieurs comtés. Au-dessous des ducs sont les comtes {comités). Le comte a remplacé le jfra/'de la Germanie, mais ce n'est plus qu'un fonctionnaire nommé et souvent révoqué par le roi, tandis que le graf germain était indépendant et rendait la justice avec l'assistance des chefs de famille ^ Au-dessous du comte et nommés par lui, comme il l'était par le roi, s'échelonnaient les vicaires et les centeniers. Tout cela avait été servilement calqué sur l'administration romaine et l'on n'avait même pas changé l'insigne des fonctionnaires, la ceinture d'or, le cingulumaureum*.
Le pouvoir central résidait dans la personne et la maison du roi, dans le Palais y qui était une sorte de ville, où les grandes familles envoyaient leurs enfants pour apprendre les lettres latines, l'exercice des armes, l'administration, enfin pour y recevoir l'instruction religieuse et se dresser à servir le maître % Dans le Palais, habitait un