‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 435 sur 538 · V. — LES IMPÔTS · texte numérisé non relu

V. — LES IMPÔTS

Pour terminer cette esquisse de la société franque, il me reste à dire brièvement d'où le gouvernement royal tirait les ressources nécessaires à la cour et à l'administration. — En Germanie, comme il arrive dans toutes les tribus barbares, il n'existait aucun système d'impôts; les chefs, les grands

]. A. Thierry, loC. cit., 22a-23i.

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vivaient surloul de butin guerrier, aussi des redevances payées par leurs serfs, enfin de dons volontaires ou soi-disant tels\ La monarchie franco-gauloise, d'une structure plus complexe, avait des besoins plus exigeants ; en outre, elle s'était installée dans des contrées plus civilisées et savamment organisées. En Germanie, Fagriculture extensive, nomade, excluait forcément Timpôt foncier, qui était au contraire la principale ressource du fisc gallo-romain. Dans un but fiscal, Tadministration impériale avait établi un cadastre tenu à jour, et où Ton mentionnait non seulement l'étendue des domaines, mais la nature diverse des cultures pratiquées et la moyenne des produits, calculée d'après les récoltes des dix dernières années ^ Les monarchies franques essayèrent naturellement de conserver ce fructueux ordre de choses ; et cela ne fut pas difficile pour les propriétés appartenant à des Gallo-romains ; mais il en fut tout autrement avec les Francs. D'après les coutumes germaniques, l'homme libre ne pouvait être taxé que de son propre consentement, aussi les Francs, établis en Gaule, résistèrent-ils énergiqueraent à l'impôt foncier^. En principe, cet impôt fut pourtant maintenu et perçu jusqu'au vi* siècle sur des cadastres dressés à la mode gallo-romaine, mais peu de Francs le payèrent. Les évoques, les oints du Seigneur, s'en affranchirent sans peine, malgré le nombre et l'étendue toujours croissante de leurs domaines. Les laïques puissants ou bien en cour firent de même. Nous n'avons pas de renseignements certains sur le taux de cet impôt foncier; mais Grégoire de Tours nous apprend qu'il se payait souvent en nature, puisque, nous dit-il, Chilpéric, après avoir renouvelé le cadastre, taxa à une amphore chaque arpent de vignes \

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