‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 441 sur 538 · Cibrario, loc. cit · texte numérisé non relu

Cibrario, loc. cit

lavolontédu donateur; puis ils furent concédés à vie et enûn, sous Chartes le Chauve, une loi les déclara héréditaires ^-

Les rois commencèrent par être les seuls dispensateurs des bénéfices, puis, au-dessous d'eux, leurs grands bénéficiaires les imitèrent en morcelant, à des conditions analogues, leurs concessions, afin de se créerune clientèle dévouée. Les comtes, les marquis, les évèques, les abbés, même les abbesses accordèrent des bénéfices à leurs inférieurs, qui prenaient rengagement d'aider personnellement le donateur dans ses guerres, de le défendre contre les embûches privées, de s'acquitter de telles ou telles charges variées*. — Enfin, comme, durant cette époque troublée, il était fort difficile aux hommes libres de condition modeste de se défendre, seuls, contre les brutalités des puissants, beaucoup de petits propriétaires fonciers trouvèrent avantageux de faire abandon à tel ou tel grand de leur inodeste domaine, pour le recevoir ensuite à titre de bénéfice^ même moyennant services et redevances'.

Dans nombre de cas, le système bénéficiaire s'atténuait en ce qu'on appelait la recommandation. Par la recommandation, l'inférieur se confiait à la garde personnelle du seigneur, mais sans se dépouiller de sa propriété, ni changer de titre; seulement il devenait vassal et devait Yhommage au suzerain^ La formule de la recommandation est conçue en termes humbles, suppliants : <c Comme il est bien connu à tous que je n'ai pas les moyens de me vêtir et nourrir, j'ai demandé à voire pitié (et) telle est ma volonté, que selon que je pourrai vous servir et mériter de vous, vous ayez à m'aider et à m'entretenir d'habits et d'aliments.

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