II. — LE RÉGIME FÉODAL
En réalité, le fief, le feod^ ne diffère en rien d'essentiel du bénéfice. Ce n'est que la substitution d'une dénomination germanique à une expression latine; mais cette substitution indique le triomphe définitif du nouvel état de choses. Les Germains distinguaient entre l'aJtod, l'alleu, et le féodale ûeL L'alleu, c'était la terre possédée librement, souverainement, à titre de patrimoine héréditaire, sans que la possession obligeât à une servitude ou redevance quelconque. Le feod^ c'était le domaine concédé à titre usufruitier et en échange de certains services, particulièrement du service militaire; cette dernière condition est rigoureuse et le refus du service convenu entraine la privation du fief.
Comme il était presque impossible à un individu isolé de se maintenir indépendant, le régime allodial finit par se perdre dans le régime féodal, qui effaça toutes les anciennes distinctions du monde romain et même ge^nanique^ — Les hommes libres d'autrefois disparurent, aussi bien ceux qui possédaient des biens en pleine et entière propriété, les