H.-S. Maine, Ancien Droit
boni hominesj nobiles^ arimani^ que les hommes libres sans propriété. Pour subsister il fallut, d'une manière ou d'une autre, passer un contrat de servitude. Les lidi germaniques furent absorbés aussi bien que les i;o2onî romains ^ Les uns et les autres durent devenir ou serviteurs des seigneurs ou serfs. Les colons ou serfs de la glèbe furent d'abord nommés rtistici^ viUidf puis taillables et main-mortables^ On ne leur ménage pas les appellations méprisantes. Ce sont : les vilains^ les manantSy les rustres^ les mécréants. La noblesse se distingua nettement du reste de la population ; elle constitua une caste formée de tous ceux qui pouvaient se targuer d'une longue ascendance d'aïeux libres sans souvenir de la condition de serf ou d'affranchi.
En traitant de la propriété, j'ai dit comment le fief, d'abord concédé temporairement, avec clause de retrait féodal, finit par devenir une vraie propriété héréditaire, à la seule condition que les services dus au suzerain fussent rendus ; mais ces services étaient attachés à la terre même. Entre fonds et fonds, il existait des liens de subordination. La terre inférieure, représentée par son détenteur, devait hommage à la terre supérieure. Le service militaire, imposé jadis à tout homme libre, devint la condition expresse de la jouissance du fief. En définitive il se forma une hiérarchie de monarchies de plus en plus petites, mais toutes organisées sur le même modèle. La maison du comte rappelait celle du duc, qui était l'image réduite de celle du roi.
Les devoirs de vassal à suzerain étaient rigoureux. Il fallait d'abord prêter hommage pour prendre investiture du fief et cela se faisait solennellement : « Quand le vassal fera hommage à son seigneur, il sera disceint, nu-tête, sans épée ni éperons, et son seigneur sera assis et son vassal tiendra