Ibid., livre lll, ch. iv, page
est difficile de contester la justesse et la justice^ les diverses S3ciétés animales, nous voyons que, si modeste que soit TintcUigence des fourmis et des abeilles, elles ont, à leur manière, réalisé la société idéale, rêvée par Aristote. L'habitude des razzias guerrières dans un but esclavagiste, aurait même inspiré à l'auteur de la Poliliqtte une très grande estime pour les fourmis, s'il avait connu ce trait de leurs mœurs; car, pour lui, la guerre était c un moyen d'acquérir 1 ; l'art de la chasse « n'en était qu'une partie » et la guerre était légitime, juste, quand elle était faite contre des hommes destinés par la nature à obéir et refusant de se soumettre à leur destinée '.
Tout en étant moins cruelles que les hommes, les fourmis S3 conduisent donc à peu près comme eux pour ce qui a trait à la guerre. Mais sous ce rapport, elles font exception dans le règne animal. En effet, en dehors des combats pour la possession des femelles ou la jouissance d'un district de chasse, et ces combats sont ordinairement individuels, la plupart des autres animaux chassent bien souvent sans doute, mais guerroient rarement à la manière des fourmis et des hommes, c'est-à-dire contre des animaux appartenant à leur propre espèce, contre leurs semblables; l'instinct guerrier, comme l'entendent les hommes, leur est inconnu. « Les loups, dit le proverbe, ne se mangent pas entre eux ; > les hommes, nous le savons, sont moins délicats; ils s'enlrcdévorent souvent et surtout, même alors qu'ils sont ou se croient très civilisés, ils mettent leur gloire à s'entr'égorger. Depuis qu'il existe des hommes sur la terre, ils n'ont jamais eu de plus terribles ennemis que leurs semblables.