‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 45 sur 538 · V. Hugo, Châtiments · texte numérisé non relu

V. Hugo, Châtiments

2i liMCVOLUTION POLITIQUE.

Il ne sera pas sans intérêt, en terminant ce chapitre, d'apprécier la valeur morale de ces divers types sociaux, observables dans le règne animal, d'après les règles formulées par quelques penseurs célèbres.. Étant bien résolu à ne donner à ce livre aucune actualité, je prendrai mes auteurs dans l'antiquité. D'ailleurs, au point de vue delà philosophie politique, on n'a guère dépassé les grands esprits de la Grèce ancienne. Or, notre moderne individualisme à outrance ne semble pas avoir été soupçonné par eux : « Nous devons, dit Platon, plus de respect et de dévouement à la patrie qu'aux auteurs de nos jours : la patrie, qui est aussi notre mère, est immortelle ; c'est une divinité pour nous, qui ne sommes que des êtres mortels et périssables*. »

L'écrivain politique par excellence de l'antiquité, Aristote, est du même avis : « 11 est évident, dit-il, que, dans l'ordre de la nature, la cité existe avant chaque individu ^.. > < La société, ajoule-t-il ailleurs, est une alliance offensive et défensive, destinée à mettre chaque individu à l'abri de l'icjustice ^ » Mais, pour Aristote, la notion de justice se confond avec celle de l'utilité commune : i Le plus important de tous les arls, Tart social, doit avoir pour résultat le plus grand de tous les biens, le bien politique ou de la société, la justice, qui n'est elle-même que l'utilité commune*... > « Tous les gouvernements, qui ont pour but l'utilité commune des citoyens, sont bons et conformes à la justice dans le sens propre et absolu ; tous ceux qui ne tendent qu'à l'avantage du gouvernement font fausse route... La cité ou société civile est une réunion d'hommes libres ^ »

Si nous jugeons d'après ces maximes générales, dont il

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