L'âNÂRCHIE PRIMITIVE
L'homme, disait Âristote, est c un animal politique », mais les anciens ont peu connu l'homme primitif, aussi faut-
il élargir la définition aristotélicienne et dire que Thonime est un animal sociable. Comme beaucoup d'autres animaux, notamment d'animaux vertébrés, médiocrement pourvus d'armes nalurelles et relativement intelligents, comme les singes en particulier, les hommes primitifs, pilhécoïdes, se sont groupés afin de mieux soutenir leur lutte pour l'existence. Il va de soi qu'ils se sont agrégés à Taventure, à lu manière des animaux, sans débattre aucun pacte savant, sans songer le moins du monde au c contrat social », sur lequel Jean-Jacques Rousseau faisait reposer toutes les sociétés h l'origine. — Nous ne connaissons pas encore l'anthropopithéque, et même l'homme de la pierre taillée, mais ce dernier devait être fort analogue aux types humains les plus humbles de l'humanité actuelle, au Fuégien, au Bojesman, au Yeddah. En sociologie comme en toute chose, la différenciation n'est pas à l'origine. — Or, les sociétés de nos primitifs actuels ressemblent beaucoup aux hordes animales et même aux plus grossières.
Les types les plus arriérés, les plus pithécoîdes, ceux qui ont dû apparaître çà et là en divers points du globe, alors que l'homme, le genus homo, a commencé à se différencier nettement du singe, ces ébauches de l'homme complet, de l'homme ayant en quelque sorte coupé le cordon ombihcal qui le rattache à l'animalité, sont rares aujourd'hui. Peutêtre mêmen'existe-t-il plus aucune race humaine, si humble soit-elle, qui puisse représenter fidèlement le prototype ou plutôt les prototypes de notre race; mais sûrement les spécimens les plus inférieurs de l'humanité actuelle doivent s'en rapprocher beaucoup. Examinons-les. — L'Amérique méridionale en contient quelques échantillons. En première ligne, il faut citer les Guaharibos, tout récemment découverts par un voyageur français* sur les rives du haut Orénoque. Ils