Ibid,, I
prisonniera ^ Même les Indiens des Pueblos, les plus civilisés du Nouveau- Mexique, avaient des mœurs guerrières d'une extrême férocité. Leurs attaques avaient lieu ordinairement au point du jour; ils tuaient tout sans distinction; leurs prisonniers mâles étaient torturés jusqu'à la mort, souvent crucitiés*.
Tous ces traits de mœurs se retrouvent chez les Peaux- Rouges, mais ils y ont été plus complètement observés. Aucun peuple sauvage n'a eu, plus que les Peaux-Rouges, la passion de la guerre et la haine implacable des tribus rivales ; mais il faut dire à leur honneur qu'ils ne faisaient pas ordinaire* ment la guerre pour voler, que même ils ne dépouillaient point les vaincus^. Ils guerroyaient pour violation de frontières *, pour se venger, pour réparer les pertes subies par leurs clans et se procurer des captifs, qu'ils adoptaient ensuite*.
Pour la participation à la guerre on laissait aux individus une entière liberté. Chacun pouvait à son gré entreprendre une petite expédition. Dans ce cas, l'initiateur conviait à un festin ceux qu'il espérait entraîner. Après le repas, il chantait des sortes d'hymnes réputés sacrés, puis faisait à ses convives sa proposition : ceux & qui elle n'agréait point ripostaient en entonnant des chansons de danse ^. En mêpie temps le calumet circulait ; y fumer, c'était accepter^.
Quand toute la nation devait < lever la hache », on procédait moins hâtivement. Le conseil des anciens était consulté; on y pesait les avantages et les inconvénients de l'affaire.