Ibid.y II
sacerdoce; on y dressait tout spécialement les jeunes nobles, mais on récompensait démocratiquement les exploits g^uerriers à quelque classe qu'appartînt celui qui les avait accomplis ^ Au Mexique, la religion et la civilisation/ déjà assez avancées, n'avaient donc eu d'autre résultat que de rendre la guerre plus intelligente ; elles n'en avaient mitigé en rien la primitive horreur.
Au Pérou, la religion avait aussi sanctionné la guerre, mais en lui donnant un but plus élevé. Les dieux péruviens n'étaient point altérés de sang; mais ils voulaient que tout le monde les adorât et observât leur morale. Aussi le grand devoir de Tlnca était-il de guerroyer sans cesse pour reculer les frontières de l'empire; sa mission consistait à propager à main armée le culte du soleil et la civilisation péruvienne*. On n'employait la force qu'à la dernière extrémité, après avoir vainement sommé l'infidèle de se soumettre, et l'on n'exigeait du vaincu que sa conversion et son assimilation au Pérou. Pour hâter cette assimilation, les Incas recouraient souvent à des transplantations de peuples; ils transportaient des nations dociles au milieu de nations indociles ou inversement^. Parfois aussi, quand les Incas avaient affaire à des tribus trop grossières, ils les abandonnaient & leur Iriste sort. Ainsi se conduisit l'inca Huayna- Gapac avec des populations absolument sauvages, habitant alors sous l'équateur, n'ayant ni maison, ni vêtements, pra* tiquant ouvertement la sodomie, portant des ornements labiaux, etc., en somme assez analogues, d'après la description qui nous en est donnée, aux Botocudos du Brésil. L'inca, jugeant ces tribus incivilisables, ordonna à ses troupes de