‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 522 sur 538 · XV. — l'évolution de la guerre · texte numérisé non relu

XV. — l'évolution de la guerre

La tuerie guerrière, étant nécessairement l'expression d'une mentalité sauvage, ne peut évoluer que dans les limites assez étroites. Pourtant, elle se transforme comme tout ce qui dure : elle a ses phases.

Dans la première, elle revêt un caractère horrible, inconnu même aux animaux les plus farouches, qui ordinairement ne chassent pas les êtres de leur espèce pour les dévorer. Faire de ses semblables un gibier est un monstrueux excès, dont, seul à peu près, l'homme s'est rendu coupable. En appelant animale cette phase de la guerre, j'ai fait injure aux bêtes.

Dans la seconde phase évolutive de la guerre, on ne mange plus l'ennemi vaincu, mais on nourrit contre lui une haine atroce ; le tuer ne suffit pas ; on éprouve une certaine voupté à le mutiler, à le torturer, ce qui est moins grossier mais sûrement plus cruel que de l'égorger simplement pour s*en repaître : c'est la guerre sauvage. Isolément, çâ et là, on la voit assez souvent reparaître dans la guerre dite civilisée.

Les mots guerre et civilisation hurlent d'être ensemble ac-

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