‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 54 sur 538 · Ross, IlUi. univ. voy., t. XL · texte numérisé non relu

Ross, IlUi. univ. voy., t. XL

LES ORIGINES DU GOOYER^ïEMËNT. 33

peine que l'archéologie préhistorique reconstitue le portrait de nos ancêtres sauvages. Les chaînons intermédiaires ont disparu, mais il n'a pu en être ainsi, dans les premiers^ âges; tout d'abord les groupes humains, qui commencèrent à s'organiser, durent longtemps coudoyer l'anarchique bestialité de leurs frères vivant encore en hordes simiennes.. Cette juxtaposition, si curieuse, si instructive, se retrouve encore dans TÂfrique australe, où le Bochiman, l'homme de la brousse, qui est bien vraisemblablement le prototype du Hottentot, vit à côté de son descendant notablement plus civilisé.

Le Bochiman peut être considéré comme un spécimen assez complet de l'homme primitif, à peine dégagé de l'animalité. Son exemplaire le plus sauvage est le Bochiman- M'kabba, errant aujourd'hui encore dans le désert de Kalahari, par petites hordes de huit à dix individus, qui vivent de racines, de trufiTes, de pépins de melon d'eau (mangatans), de larves de fourmis, et traquent le petit gibier qu'ils chassent avec des flèches empoisonnées. Ces hordes minuscules ont déjà un chef, qui est sans doute le père, le mâle, comme dans les hordes de chimpanzés, et ce patriarche en herbe a des privilèges; il dort dans un trou pro!*ond, creusé entre deux arbrisseaux, dont les branches le protègent, tandis que ses compagnons couchent simplement par terre, les genoux au menton^ Des feux rangés en ligne devant le campement effrayent plus ou moins les bètes sauvages. C'est là le premier stade de la société >ochimane. Le second est représenté par des hommes de même race, dits Bochimanspygmées, qui savent déjà se construire des huttes semicirculaires et se groupent, au nombre parfois d'une centaine, sous la haute direction d'un chef. C'est bien là le type, aussi*

1. Farinl, Huit MoU au Kalahari, 212, 215. Letourneau. — L'Évolution politique.

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grossier que possible, de la horde humaine, assez peu dilTérente de la horde animale, mais, comme elle, se dégageant déjà de Fanarchie, ayant même des allures monarchiques. Au contraire, d'autres Bochimans vivraient encore dans Tégalité la plus parfaite, en anarchie pure S sans aucune trace d3 subordination. Si tous ces renseignements sont exacts, les pauvres Bochimans nous représenteraient toute une série sociologique : d'abord la petite famille animale sans la moindre hiérarchie, puis la horde minuscule obéissant pins ou moins à un chef, enfin le clan rudimentaire et monarchique, que Ton retrouve plus complet, mieux organisé chez les Ilottentots pasteurs, dont je parlerai bientôt. Biais auparavant il me faut achever ma revue des primitifs qui subsistent encore et sont les derniers débris des kges disparus. Les plus intéressants sont sûrement les Australiens, auxquels on peut rattacher diverses autres races ou variétés.

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