GranU, Hitiory of Greenland, I
nouah, qu'ils représentaient comme un homme robuste, mais très bon et très aimé. Le nom de sa résidence était Pctouack; elle était située près d'une grande ile, qui pourrait bien être celle de Wolslenholme. Ce chef avait une maison bâtie en pierres et qui, d'après eux, était aussi grande que le vaisseau. Elle était entourée de plusieurs autres maisons. C'était là leur principal centre de population. Ce chef aurait même prélevé des redevances, car les naturels dirent qu'ils lui devaient une portion de tout ce qu'ils prenaient ou trouvaient*. » — J'ai cité ce passage, peu vraisemblabled'ailleurs, car il me parait d'un intérêt capital d'éclairer autant que possible ces obscures origines politiques, presque partout englouties dans la nuit d'un lointain passé. — En somme, de ces divers renseignements il résulte que l'anarchie égali taire règne dans la plupart des hordes d'Esquimaux ; mais que pourtant certaines d'entre elles commencent à avoir une dangereuse considération pour la richesse, ce qui est déjà inégalitairey enfin que, par exception rare, un pouvoir monarchique, mais débonnaire, a pu s'établir chez eux. Nous allons voir la même tendance monarchique poindre aussi chez un autre échantillon des races très inférieures, chez les Bochimans de l'Afrique australe.
Si modeste qu'elle soit, la civilisation ne s'improvise pas. C'est peu à peu et très lentement qu'elle se développe. Les premiers efforts, faits par les hommes primitifs pour sortir de l'état purement bestial, ont été sûrement accomplis soit par des individus, soit par des petits groupes mieux doués que les autres, ou mieux servis par le hasard. Bien longtemps sans doute ces modestes novateurs des premiers âges ont vécu côte à côte avec leurs congénères encore à l'état de nature. Aujourd'hui l'Européen civilisé a complètement oublié la souche grossière dont il provient, et c'est à grand