Piedrahitu, Ilistoria del nuevo régna de Granada, II
villes importantes, composées de maisons commodes. Ce peuple obéissait à un monarque absolu, prélevant des taxes et des présents, se promenant en palanquin par les chemins jonchés de fleurs; c'était un personnage plus qu humain et on ne Tabordait qu'en détournant la tête : sa splendeur devait éblouira La graine monarchique, semée dans le sein des tribus sauvages par le besoin d'avoir des chefs durant la guerre, avait, chez les Chibchas, germé, fleuri et fructifié; Avec des variantes le régime monarchique, à toutle moins aristocratique,étaitenvigueur dans toute TAmériquecentrale, autour et en dehors des grands États du Pérou et du Mexique. Tout rVucalan était monarchique*. Presque partout aussi, le petit monarque était absolu. En Floride, les sachems ou caciques avaientun pouvoir héréditaire, des insignes royaux et étaient entourés d'un servile ^espect^ Chez les Natchez, ivgnait un Grand Chef, frère du soleil, adoré comme une divinité, ayant sur le vulgaire droit de vie et de mort. Ses femmes et ses serviteurs devaient sMmmoler sur sa tombe *. Son héritier présomptif était, par le seul fait et au moment môme de sa naissance, propriétaire de tous les enfants alors  la mamelle ^ Mais, comme on n'était pas encore sorti de la filiation maternelle, cet héritier présomptif était le fils de sa plus proche parente. Celle-ci, quoique ne gouvernant pas, s'appelait la femme-chef. Elle aussi avait sur le populaire droit de vie et de mort. Un individu avait-il le malheur de déplaire soit à la femme-chef, soit au Grand-Chef, ces potentats disaient simplement à leurs gardes : «Allez me défaire de ce chien. > Et Ton obéissait sur-le-champ. Enfin il la mort de la femme-chef, son mari, qui n'appartenait pas,