Lettres édifiantest XII
chef élu par un conseil de vieillards ^ Les Caraïbes avaient déjà créé toute une hiérarchie sociale et elle était uniquement basée sur la guerre, c'est-à-dire sur le plus ou le moins d'aptitude à la faire. A la manière de nombre de tribus peaux- rougeSy les Caraïbes essayaient Tendurance, lu force de caractère de leurs guerriers par de rigoureuses initiations, d'autant plus cruelles que le rang, le grade, était plus élèvé^.
Les tribus que je viens de mentionner, sont ou étaient seulement sur le chemin de Torganisation monarchique. D'autres y étaient entièrement arrivées. Ces tribus monarchiques étaient disséminées sur la vaste surface de TAmérique du Sud, mais d'autant plus nombreuses qu'on approchait des régions équatoriales. Les Guarayos avaient des chefs, dont le pouvoir était héréditaire, quoique paternel encore et limité à des conseils pendant la paix, à une direction pendant la guerre^. Chez les Mosquitos, ily avait des chefs héréditaires^. Mêmes mœurs politiques chez les Guaranis du continent\ Ceux des Iles, des Antilles, avaient perdu jusqu'au souvenir du régime républicain; ils obéissaient à des monarques- sorciers, faisant la pluie et le beau temps, parlant au nom des dieux et exerçant une autorité despotique^. Les Chibchas avaient aussi des monarques commandant aux éléments, et, quand on osait leur désobéir, déchaînant sur leurs peuples des épidémies ^ A Bogota, dans la même région, habitait un peuple, relativement nombreux et civilisé, agriculteur, ayant construit des