Dumont d'Urville, HUt. univ, voy., vol. XVIII
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conduisent leurs tribus à la guerre ou les obligent à travailler pour eux*. Aux îles Sambou, marcher sur Tombre du chef est un crime de lèse-majesté ^ — Une maladie de ces potentats cause une affliction générale. Le populaire fait alors des présents aux prêtres pour qu'ils obtiennent l'intervention des divinités. Meurent-ils? caries rois eux-mêmes meurent, c'est une calamité publique et chacun doit manifester son désespoir en s'amputant un doigt de la main ou un orteiP. A la Nouvelle-Calédonie, l'organisation politique est analogue a celle de la Papouasie. Il existe une sorte de hiérarchie féodale, des chefs inférieurs relevant d'un suzerain. Le pouvoir est héréditaire de mâle en màleetle chef vise aussià l'omnipotence. Pourtant il lui faut ordinairement compter avec l'assemblée des vieillards*. Son autorité est, en tout état de cause, considérable. Dans les combats, au milieu de la mêlée il peut prendre à merci l'unquelconque des vaincus^; il prélève des redevances, exige des corvées^ On en voyait jadis manger leurs sujets inférieurs, en saler la chair, etc. Un chef d'Flienguiène, nommé Bouarate, pratiquait souvent cette anthropophagie princière. Son peuple ne l'en admirait que davantage et longtemps il en a conservé la mémoire : « Bouarate, s'écriaiton longtemps après sa mort, grand chef, beau seigneur'. > — Un Néo-Calédonien racontait avec une espèce d'orgueil que son enfant avait été mangé par son chef, lequel, disaitil, était un grand chef \ — A nous, affinés par une ancienne civilisation, ces mœurs semblent affreuses; mais nous en