III. — LA TRIBU MONARCHIQUE EN MÉLANÉSIB
Si de l'Àrrique australe nous nous transportons en Océanie, dans les archipels occupés par les nègres mélanésiens, les Papous, nous y retrouverons un état social à peu près identique. Ces similitudes entre des peuples de races diverses, séparés par d'énormes espaces et n'ayant pu par conséquent se copier les uns les autres, sont encourageantes pour le sociologisle ; elles lui prouvent en effet qu'il existe des modes d'évolution communs à tout le genre humain et qu'il n'est pas trop chimérique de chercher à découvrir des lois sociologiques.
Les Papous, si voisins des Australiens, et ayant sûrement débuté, comme eux, par le clan communautaire, sont aujourd'hui asservis, pour la plupart, sous le dur régime de la tribu monarchique. Aux lies Fidji, il y a des esclaves, des nobles et des chefs despotiques. A l'approche de ces derniers, les hommes du peuple se couchent, s'accroupissent, tombent le visage contre terre. Ils leur donnent les titres les plus hyperboliques : c Dieu, Racine de la guerre, etc. » Ces demi-dieux papous disposent à leur gré des biens et des personnes de leurs sujets\ Us ont des centaines de concubines, qu'ils tiennent d'ailleurs à la disposition de leurs guerriers'. On leur paye des tributs en dents de baleine, la monnaie du pays, en pirogues, en jeunes filles, en étoffes de mûrier, nattes, bananes, poules, porcs, etc. *. A leur gré, ils