‹ L'évolution politique et sociale de l'EspagneChapitre 27 sur 65 · Le Stèc^, 12 juin · texte numérisé non relu

Le Stèc^, 12 juin

seur, et le véritable maître de l'Espagne, c'était le clergé : les conseils du gouvernement étaient remplis de prélats et de moines ; les théologiens décidaient les affaires du gouvernement ; l'Eglise seule dirigeait les universités et les collègues.

L'Inquisition, avec sa procédure secrète, est à la fois « le boulevard de la foi » et la gouvernante du roi. Elle a si bien fonctionné pendant le xvi* siècle qu'elle n'a plus de protestants à brûler. Il lui reste encore quelques judaïsants contre qui elle s'acharne. A leur défaut, elle prend des sorciers, des illuminées ; elle étend ses attributions à toutes choses et sur toutes personnes ; elle surveille les mœurs, les livres, les écrits ; elle espionne les opinions, elle s'occupe même de la perception de la douane. Les fiers Espagnols ne se révoltent point contre cette tyrannie. Ils ont pour elle l'espèce d'admiration et de terreur qu'ils éprouvent pourle diable ; ils lui sont reconnaissants des beaux spectacles qu'elle leur donne dans ses autodafés.

Tousse ruent vers l'Eglise.

La ^)ulle de la Cruzade, donnée par Jules II en 1509, obligeait tout particulier à Tacheter pour avoir le droit de manger des œufs et certaines parties des animaux en carême et les vendredis et samedis de toute Tannée.

Quand on va à confesse, on ne peut recevoir Tabsolution sans montrer cette bulle ; et alors Tabsolution est donnée dans la forme suivante : « Par Tautorité de Dieu tout-puissant, de saint Pierre et de saint Paul, et de notre très Saint Père le pape, à moi commise, je vous accorde la rémission de tous vos péchés confessés, ignorés, oubliés et des peines du purgatoire ». Les Cortès de 1512 montrent les prédicateurs de la Cruzade allant par les rues, demandant à tout venant s'il sait le Pater Noster et VAve Maria; et s'ils en trouvent quelques-uns qui ne sachent pas ces prières, ils « leur font prendre, en pénitence, la dite bulle, et si quelques-uns refusent, ils les traînent de lieu

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en lieu, bien enchaînés, pour ouïr leurs sermons, et les amènent, par la force, par la crainte et par les menaces, à prendre les dites bulles. » Le clergé n'attendait pas seulement la bonne volonté des fidèles, il la provoquait énergiquement.

Il ne cessait d'absorber les propriétés.

Les Cortès, en 1S27, disent : « Si le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires, plus de la moitié des revenus de l'Espagne passera au clergé. » Les années suivantes, les Cortès portent aux deux tiers l'absorption des revenus de l'Espagne par le clergé, et elles sont encore plus pressantes.

Au commencement du xvii* siècle, le clergé a 120,000 églises ou chapelles. On compte 200,000 prêtres, 12 archevêques, 54 évêques, des milliers de canonicats et de prébendes, 9,000 couvents peuplés de 70,000 religieux, 3,000 monastères de femmes avec 2Sou 30,000 nonnes, 10 tribunaux de l'Inquisition avec leur personnel de juges, de greffiers, d'alguazils.

Un demi-million d'Espagnols font partie

du clergé et exploitent le reste de leurs concitoyens.

Voici, d'après les Cortès, les revenus en ducats des prélats et du clergé à la fin du XVI* siècle. On frappait, d'après l'ordonnance de 1497, 65 ducats 3/4 dans le marc de Castille pesant 230 grammes, au titre de 989 millièmes, ce qui fait 3 gr. S5S par pièce. La pièce de 1 francs française au titre de 300 millièmes pèse 3 gr. 225. Le ducat valait donc 11 fr. 6675. C'est par ce chiffre qu'il faut multiplier les chiffres suivants si l'on veut avoir leur équivalent en francs.

L'archevêque de Tolède a 300,000 ducats ; le monastère de Saint-Benoît de Valladolid a 400,000 ducats ; le clergé de Castille possède un revenu de 10 millions et demi de ducats, plus de 122 millions de francs !

Les Cortès, malgré la terreur que le clergé fait peser sur tous, signalent l'accumulation des richesses entre les mains d'un corps « qui, prenant toujours et n'aliénant jamais, finira par devenir maître de tous les biens ».

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L'Inquisition et le gouvernement des prêtres ne ruinent pas seulement l'Espagne matériellement ; mais ils y font.le vide intellectuel.

En 1491, quand les Espagnols avaient pris Grenade, ils en avaient incendié la bibliothèque. Il y a bien 85 universités dans la péninsule ibérique ; Salamanque peut se vanter de ses 75 chaires, de ses 25 collèges, de ses 15,000 étudiants. Mais qu'y enseigne-t-on? ce que permettent les prêtres.

On s'y perd en commentaires sur Aristote et saint Thomas.

De Grammont dit: « Leur paresse et l'ignorance des arts et des sciences sont inconcevables. »

Saint-Simondit de l'Espagne: « La science était un crime ; l'ignorance et la stupidité la première vertu. » On n'enseignait même pas les mathématiques à Salamanque.

Les Jésuites ont des collèges à Alcala, à

Coïmbre, à Valladolid, à Oviédo, etc., qui font un peuple de mystiques et de casuistes, copame Sanchez et Escobar, comme Molinos, l'inventeur du quiétisme qui n'est autre chose que l'anéantissement de la volonté humaine en Dieu.

Les saints de l'Espagne sont Ignace de Loyola, un fou à la foi mystique et pratique qui fo1;ida les Jésuites, une des institutions les plus néfastes de l'humanité ; sainte Thérèse, une illuminée.

La seule concurrence à l'Eglise, c'est le théâtre. On compte trois cents troupes d'acteurs. Il y a des écrivains, comme Cervantes, Lope de Vega et Calderon, mais non des penseurs. Comment pouvaient-ils avoir des opinions personnelles sous le règne de l' Inquisition ? Cervantes meurt franciscain. Ces littérateurs en arrivent à ce degré de dépravation qu'ils célèbrent la puissance qui leur interdit de raisonner. Ils ont des dissertations pour prouver la nécessité de brûler les hérétiques et pour célébrer la réalité et la beauté des miracles. Calderon est le poète de l'Inquisition.

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Des esprits ainsi préparés sont, modelés par le clergé commç il l'entend. « Chacun veut faire son âme héritière et enrichit FEglise en dépouillant ses créanciers. » Il n'y a pas dans la chrétienté, dit un ambassadeur vénitien, d'Etat où les ecclésiastiques absorbent davantage les revenus publics et où les ordres religieux sont plus nombreux. Les moines pullulent et accaparent presque tous les évêchés, et tous les hauts emplois sont pris par les prélats. « On voit, en 1700, dit M. Boissonnade, un cardinal premier ministre, colonel des gardes et lieutenant général de la mer; un archevêque président de Castille ; un prêtre, juge de commerce à Se ville ; un autre, vice-roi du Mexique. Un moment, on parle de confier la direction de la guerre à l'évêque de Malaga.

L'Église maintient ses privilèges et brave le pouvoir civil. En 1680, le président de Castille est disgracié pour s'être opposé à Tinter-

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vention du nonce dans une élection monastique. Le duc de Veraguas, vice-roi de Valence, est révoqué pour avoir fait exécuter un moine chef de brigands. L'Inquisition domine tout par la terreur et continue ses autodafés. Une junte de réforme, instituée en 1695, signale vainement ses abus, ses empiétements aux dépens de la justice ordinaire, les privilèges de ses familiers, les inconvénients de son droit d'asile. Les inquisiteurs menacés ripostent en accusant le parti autrichien d'avoir ensorcelé le roi.

Charles II se soumet à leurs exorcismes, et les projets de la junte disparaissent dans l'éclat d'un procès scandaleux. »

Si Philippe V eut l'audace d'exiler le grand inquisiteur Mendoza (1705) à cause de son attachement au parti autrichien, il ne pouvait attaquer l'Inquisition qui, par un éditde 1707, obligea tous les Espagnols, sous peine dépêché mortel et d'excommunication, à rester fidèles au roi. La princesse des Ursins essaya bien, en 1714, de supprimer le Saint- Office ; elle fut expulsée elle-même d'Espagne et l'Inquisition continua de fonctionner.

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En 1705, on n'osa pas traduire devant les juges séculiers un moine séditieux qui avait tenté de soulever Grenade contre Philippe V.

Si le clergé continuait de dépouiller les laïques, il entendait se taxer lui-même, n'accorder de don volontaire qu'avec l'autorisation pontificale.

En 1720, pour consoler les Espagnols du traité de Cockprit, les inquisiteurs font un autodafé à Madrid de douze juifs et musulmans. En trente ans, l'Inquisition prononça 14.000 condamnations parmi lesquelles 782 au bûcher. Si impénétrable que fût l'Espagne aux idées du dehors, cependant, en 1746, les autodafés généraux disparaissent: de cette date à 1759 on ne compte plus que 34 autodafés particuliers et 10 exécutions.

Charles III réunissait en lui les superstitions napolitaines et espagnoles; mais il essaya d'affranchir son trône de la domination cléricale, en s'appuyant sur les légistes.

Malgré Témeute de 1766, dirigée par un moine, le P. Yecla, et un ouvrier échappé du bagne, il persévéra. Dans la nuit du 2 au 3 avril 1767, il fit arrêter tous les jésuites et les fit embarquer pour les États pontificaux. 11 répond à une admonition de Clément XIII « qu'il ne doit compte de ses actes qu'à Dieu ». Il fait enseigner des maximes régaliennes sur Findépendance du pouvoir civil.

Il modifie le tribunal de la nonciature qui avait la juridiction d'appel civile et criminelle sur le clergé espagnol. Il diminue le pouvoir d'acquérir de l'Eglise, soumet ses biens à l'impôt, diminue le nombre des confréries, l'efl^ectif du clergé, essaye en un mot de transformer le pouvoir théocratique en absolutisme civil.

Mais il voue ses Etats « à l'Immaculée Conception de la Vierge » et, ayant enlevé à l'aristocratie toute importance politique, il ne laisse que deux pouvoirs en Espagne : la Monarchie et l'Église.

L'Inquisition est toujours un instrument de règne ; mais elle s'humanise et se laïcise. Elle doit soumettre ses décrets contre les

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écrivains et les livres à rapprobation du pouvoir royal. De 1759 à 1788, il n'y a que quatre pauvres petites exécutions ^ar le bûcher. Il est remplacé par Texil ou la prison. Don Pablo Olavide n'est condamné qu'à huit ans de prison pour ses relations avec les philosophes.

L'infiltration des idées françaises, due à des étrangers, acceptée par quelques Espagnols distingués, n'avait point pénétré dans la masse du peuple entretenu soigneusement en méfiance contre elles par le clergé qui était incapable de les comprendre et avait tout intérêt à les combattre.

Quand la Révolution française éclate, Floridablanca n'a qu'une préoccupation : en préserver l'Espagne. Il supprime les journaux qui avaient commencé de paraître dans le milieu du siècle, il ne conserve que la Gazette de Madrid, à laquelle il est interdit de dire un mot de ce qui se passe en France.

Aranda qui lui succède a des idées françaises; il n'ose rien abroger, seulement il n'applique pas les mesures prohibitives. Si les voltairiens espagnols se montraient irrespectueux envers le clergé, ils n'en croyaient pas moins à l'enfer et allaient à confesse.

Leur idéal politique était un bon despote, Aranda ne resta que deux ans au pouvoir.

Sous Godoy, l'Espagne fut envahie par les émigrés. Il y en avait 6.000a Madrid; l'évêque d'Orense nourrissait 4.000 prêtres français; d'autres s'agitaient à Sarragosse et à Barcelone. L'Espagne devint une Vendée.

Les Français remportent la victoire de Mouga, prennent Figuières, et malgré l'horreur de Charles IV pour traiter avec des régicides qui ont détruit des chapelles et des églises, Godoy conclut la paix de Bâle (22 juillet 1795) qui lui vaut le titre de prince dé la Paix, à l'horreur de la vieille noblesse qui la considérait comme une honte.

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Toutefois, la Révolution avait exercé sou influence. L'Inquisition conservait son organisation, mais elle n'osa plus faire qu'une exécution en effigie en 1800. Ne pouvant plus brûler les hommes, elle se conteiita de brûler les livres.

L'Espagne combattit pendant six ans, avec une énergie poussée jusqu'à la. férocité, l'invasion de Napoléon* Restaurateur du ciflte en France, Napoléon était révolutionnaire en Espagne. 11 ne voulait point cependant supprimer le catholicisme, mais il menaçait les couvents, ce qui justifiait la haine des moines.

Victor Hugo raconte qu'enfant, à Madrid, il allait à l'école dans un couvent de moines. L'un d'eux €e trouvant sur la porte, aperçoit au bout de la rue un régiment de grenadiers français. Il s'empresse de rentrer en criant avec épouvante : Voilà Voltaire !

Si tout soldat français portait un peu de

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Tesprit de Voltaire dans sa giberne, il n'en laissa guère à ses ennemis les Espagnols. La Constitution libérale du 18 mars 1812 déclare « la religion catholique la seule véritable, à jamais la religion de l'Espagne et prohibe tout autre culte ». Toutefois Flnquisition était supprimée, mais remplacée par des tribunaux protecteurs de la foi, chargés d'èmpê* cher la publication de tout ouvrage « contraire aux dogmes de la discipline traditionnelle de F Eglise ».

Mais deux ans après, à la grande joie du peuple espagnol qui ne pouvait se consoler de la perte de ses anciennes institutions ^ Flnquisition fut rétablie, un ordre de chevar lerie créé pour les inquisiteurs. Le 14 avril 1815, le roi Ferdinand Vil fit une visite au Saint-Office, inspecta ses prisons, prit part à ses délibérations. Cinq ans après, le 7 mars 1820, les Madrilènes pillèrent le palais de Flnquisition, et le 9 mars le premier acte de la Junte provisoire fut de la supprimer.

La Sainte Alliance chargea le gouverner ment français de mettre bon ordre à ces velléités libérales. La réaction, guidée par le

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clergé, fttt tellement féroce, que le duc d'Angouléme épouvanté défendit de procéder à aucune arrestation sans Tautorisation des Français. 11 passa pour un Jacobin. Le 6 octobre, un décret de Ferdinand Vil institua des missions pour convertir les libéraux et enferma les prêtres suspects dans des couvents qui étaient des prisons. Une société, TAnge exterminateur, faisait la chasse aux libéraux, les torturait, les fusillait. Calomarde ne cessa de faire des rafles de suspects qu'après la publication d'un« amnistie, le 20 mai 1824, qui lui fut imposée par le gouvernement français. Les « juntes de purification » continuèrent cependant à fonctionner : la simple affiliation à la maçonnerie était punie de mort.

Cependant, les Apostoliques trouvaient que Ferdinand trahissait FEglise, et, pour défendre Tabsolutisme, ils ne trouvaient rien de mieux que de se révolter. Au mois d'août 1827, ils installèrent une junte à Manseta, déclarant aux paysans que le roi était prisonnier des francs-maçons et pour le délivrer, ils organisèrent des bandes armées.

Ferdinand Vil fut obligé de marcher contre

ses défenseurs trop zélés. La Révolution de 4830 éclata en France ; Ferdinand mourut en 1833, laissant la couronne à Christine, alors que les Apostoliques espéraient le règne de Don Carlos. Pendant* sept ans, la guerre entre les « Cristinos », royalistes modérés et libéraux, et les <( Carlistos » déchira TEspagne.

Pendant cette période, un décret royal du 11 octobre 1838, confirmé par une loi de 1836 supprima les ordres religieux à l'exception de trois : les Escalopios, les Filipinos et les frères Saint-Jean-de-Dieu. Cependant, on compte encore en Espagne 1.684 moines résidant dans 161 maisons religieuses et 14,592 religieuses dans 1.027 couvents.

Dans son intéressant ouvrage sur YEspagne, Cuba et les États-Unis, M. Charles Benoist résume ainsi l'impression que nous donne encore aujourd'hui le gouvernement espagnol*

« Comme nous traversions, en sortant du cabinet de M. Canovas, le grand salon de la présidence du conseil où se réunissent les ministres, nous vîmes, debout dans un des

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angles et graves, ne causant pas, quatre religieux qui attendaient : — « Ce sont, me dit-il, les procureurs à Madrid des quatre principaux ordres établis aux Philippines : Âugustins, dominicains, franciscains et récollets; le président les a mandés pour conférer avec I eux de la situation politique • » Et tous les

quatre ils me rappelèrent l'impression ressentie au Palais, deux ans auparavant, en regardant entrer, appelé chez la reine, un évêque dont la robe de moine était à demi recouverte du rochet de dentelles, avec les manches doublées de violet, devant lequel s'agenouillaient grands d'Espagne , généraux, dames d'honneur, et qui, la mine indifférente, l'œil dur, bénissait de haut. »

Le catholicisme est toujours la religion nationale et la seule autorisée. En 1887, le recensement comptait 1. 634 protestants, 402 juifs et 9-645 rationalistes. Les protestants peuvent exercer leur culte, mais non publiquement. Toute annonce d'une de leurs cérémonies est formellement interdite.

Le clergé compte 32.000 prêtres, le nombre des cathédrales est de 65, des séminaires de

30, des églises de 18.564 et des couvents, maisons religieuses, chapelles de 11.202.

L'Espagne est restée la plus catholique des nations du globe ; et tout catholique est soumis à une direction extérieure. Il ne se décide à agir qu'avec la permission de son confesseur ou en pensant à l'absolution qu'il sera obligé de lui demander. Loin d'avoir l'esprit critique et de chercher à se rendre compte de toutes choses, il se résigne au mystère et croit au miracle. Il remplace l'effort personnel par des prières et par des vœux. Il réclame des grâces et méprise la justice. Ces habitudes constituent un état mental qui se manifeste dans tous les actes de la vie.

« Penser par soi-même, dit M. Desdevises du Dézert, raisonner ses idées, se former un jugement, prendre une décision, ce sont là des choses presque insupportables à l'esprit d'un Espagnol. »

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