‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 103 sur 135 · PROJETS DE FÉDÉRATION ENTRE LES SAMÂJES · texte numérisé non relu

PROJETS DE FÉDÉRATION ENTRE LES SAMÂJES

brahmaïste. L'assemblée devait se retrouver Tannée suivante pour achever ce travail de constitution. Mais c'était compter sans les incidents qui allaient mettre en péril, sinon la cause du brahmaïsme, du moins l'unité du Bhâratbharsia Samâj et le prestige de son fondateur. C'est souvent à l'heure de leur plus grande prospérité que les Églises, comme les États, se trouvent ébranlées dans leur fondement par l'exagération des principes qui ont fait leur grandeur et leur force.

CHAFITRE XIÎI

L'éclectisme du Brahma Dharma aux prises avec le mysticisme

hindou.

Théodicée et morale du brahmaïsme. — Ses attaches avec les écoles de la philosophie vèdântine et de l'idéalisme allemand. — Éclectisme rationaliste du Brahma Dharma. — Théories mystiques de Keshub Chunder Sen sur la mission des grands hommes, le rôle de l'inspiration et de la prière. — L'ascétisme dans le Bhâratbharsia Samâj. — Lettre de Keshub à miss Collet. — Le mouvement du bairâgya. — Velléités, sacerdotales de Keshub. — Opposition qu'elles soulèvent. — Projet de mariage entre la flUe de Keshub et le jeune mahârâjah de Couch-Rehâr. — Mécontentement causé parmi les brahmaïstes par l'âge prématuré des époux. — Incidents de la noce à la cour de Couch- Behâr. — Concessions de Keshub aux pratiques nuptiales de l'hindouisme. — Tentative de l'opposition brahmaïste pour provoquer sa déposition à Calcutta. — Fondation du Sàdhâran Samâj. — Programme de la nouvelle Église brahmaïste. — Ses rapides développements .

Théodicée et morale, le brahmaïsme procède à la fois de l'idéalisme vêdântin, qui est encore la philosophie dominante parmi les hindous éclairés, et de l'idétilisme aliemand, qu'ont popularisé, jusque dans rinde, les écrits de Carlyle, de Coleridge et, plus tard, des théistes anglais, ainsi que des transcendantalistes américains. A l'instar de ces derniers, le Brahma Dharma proclame que « l'intuition est la racine du brahmaïsme ». Il admet en conséquence deux méthodes pour atteindre à la vérité : « Les vraies Écritures

rédigées par Dieu, dit-il, sont au nombre de deux : le livre de la nature et les idées implantées dans l'esprit. La sagesse, la puissance, la bonté du Créateur sont écrites en lettres d'or dans l'univers : nous connaissons Dieu par l'étude de ses œuvres. En second lieu, toutes les vérités fondamentales se rencontrent dans la constitution de l'bomme, sous forme de convictions primordiales et tirant leur évidence d'ellesmêmes. »

Le Dieu du brahmaïsme est « l'Être par excellence, infini dans le temps et dans l'espace, créateur et conservateur de tout ce qui est, à la fois juste et miséricordieux. » Le brahmaïsme rejette formellement la doctrine des incarnations. On lit dans le BrahmaDharma : « Dieu lui-même ne se fait jamais homme en revêtant un corps humain. Sa divinité habite dans tous les hommes et se manifeste plus ostensiblement chez quelques-uns. Mais Jésus-Christ, Mohammed, Nânak, Chaitanya et tous les grands éducateurs qui ont paru à des époques déterminées, ont rendu d'éminents services au monde religieux. Ils ont droit à la gratitude et à l'amour de tous. Ils n'étaient pas absolument saints ou infaillibles; c'étaient seulement des hommes doués. «

Le brahmaïsme distingue quatre espèces de devoirs : 1° devoirs envers Dieu : la foi, l'amour, le culte, la pratique de la vertu, etc.; 21° devoirs envers soi-même: Il conservation de la santé, la poursuite de la science, la sanctification, etc.; 3° devoirs envers autrui : la véracité, la gratitude, l'anaour des proches, la justice, l'accomplissement des promesses, la bienfaisance au

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