CARACTÈRE DU «DISSENT
nous parlerons plus loin ■ — les quakers ou Société dos Amis, avec 17,977 adhérents — les swédenborgiens ou JSew Jérusalem Church, avec 64 congrégations et 4,987 membres enregistrés — les Frères Moraves, avec 31) chapelles et environ 5,000 membres — les Irvingites ou Catholic and Apostolic Church, avec 19 églises — les adventistes, qui attendent la seconde venue du Christ — les universalistes, qui croient au salut final de tous les hommes — les Frères de Plymouth, qui se prétendent « la seule Église de Dieu » — les Chrisfadelphiens, qui nient la Trinité ainsi que l'immortalité de l'âme et comptent sur le prochain rétablissement du royaume de Jérusalem — les Sandemaniens ou Glassites, qui communient en s'embrassant les uns les autres — les Gens à part [Peculiar People), dont on connaît les démêlés avec la justice pour leur refus de prendre des mesures en cas de maladies épidémiques et même de recourir aux médecins pour les maladies de leurs enfants — les mormons ou Saints des derniers jours, qui, au dire de l'almanach Whitaker, compteraient 8â lieux de culte dans la Grande-Bretagne — enfin, pour employer les termes officiels du recensement, « les Croyants à la Visitation divine de Johanna Southcote, Prophétesse d'Exeter » — sans compter les sectes, non moins excentriques, mais plus éphémère?, qui naissent et meurent tous les jours.
Mais ces dénominations, bien que se réclamant toutes du christianisme, ne jouent pour la plupart qu'un rôle secondaire au sein du Dissent. Celui-ci doit être étudie dans les communautés calvinistes et évangéliques qui représentent la tradition puritaine. Il y
offre les qualités et les défauts que j'ai déjà signalés dans l'Église basse : grande austérité de mœurs, philanthropie des plus développées, défiance extrême de toute intrusion sacerdotale, vif sentiment d'indépendance personnelle et d'égalité religieuse; mais aussi rigorisme étroit, ignorance volontaire des progrès scientifiques en désaccord avec les données de l'orthodoxie, asservissement à la lettre delà Bible, exagération du sentiment du péché et abus des côtés sombres de la religion. On peut dire que les dissenters fournissent en politique le gros des électeurs libéraux, et ainsi s'explique l'opposition qu'a rencontrée, jusque sous les gouvernements les plus progressifs, toute tentative pour atténuer l'observation légale, du dimanche, ne fût-ce que par l'ouverture des parcs et des musées.
Cependant même les plus rigides de ces communions n'ont pu rester absolument étrangères à la marche du siècle. C'est ce que le D"^ Martineau constatait en 1876 dans les termes suivants^ : « Sans avoir perdu la ferveur, ni la spiritualité de l'âge précédent, les principaux ministres des sectes dissidentes ne s'expriment plus dans l'esprit du siècle dernier. Ils ont mis du vin nouveau dans les vieilles bouteilles et il faut encore s'attendre à l'explosion. Il y a des cas où le changement des opinions théologiques a été clairement avoué, d'autres où. le conservatisme alarmé a fait irruption, tantôt en vain, tantôt avec un fatal succès. Mais ces cas retentissants ne peuvent donner la mesure du mouvement silencieux qui fait dériver
1 Introduction à l'ouvrage de J. J. Tatler, A Eetrospect ofthe Religions Life ofEngland, 2^ éd., p. 26.