‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 41 sur 135 · FORMES DU CULTE UNITAIRE · texte numérisé non relu

FORMES DU CULTE UNITAIRE

pouvons comprendre son bonheur à secourir ou à consoler les pauvres et les femmes, sa tristesse devant la perversité de tant d'intelligences, son merveilleux concours de force et de tendresse, d'indomptable volonté et de séduisante douceur, d'élan passionné et de calme imperturbable; puis, la descente graduelle des ténèbres qui marquent la fin de sa carrière, et finalement sa mort solitaire, héroïque, sainte. Et nous pouvons prendre cet homme pour type et pour modèle de ce que l'humanité a jamais produit de plus sympathique et de plus noble; et nous pouvons l'aimer avec toat notre cœur et toute notre âme.

N'eût été la critique, n'eût été l'impitoyable et minutieuse analyse scientifique qui semblait si destructive et si mortelle, nous nous serions de plus en plus écartés du Christ; les problèmes historiques et philosophiques restés sans solution se seraient enfoncés comme un coin entre lui et nous. Nous n'aurions plus de Christ, et le christianisme ne serait désormais qu'un vain mot * .

On conçoit que, dans ces conditions, les unitaires, de mêçie que les membres de l'Église large et les protestants libéraux du continent, aient pris une part considérable aux progrès de l'exégèse biblique. C'est notamment un ministre unitaire de Londres, le Rév. P. H. Wicksteed, qui a vulgarisé en Angleterre les princi| aux travaux de l'école dite du protestantisme moderne, représentée avec tant d'éclat par le professeur Kiienen et ses collaborateurs de l'université de Leyde.-

Les formes du culte offrent chez les unitaires la même diversité que les opinions théologiques. Chaque

1 C'est, au fond, la même thèse que M. Ernest Renan soutenait naguère dans sa remarquable conférence à la Société des Études juives. (V. la Revue politique et littéraire du 2juin 1883, page 693.)

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congrégation organise ses offices à sa guise ou suivant les prédilections de son ministre. L'Unitarian Almanac de 1883 renseigne l'existence de vingt-cinq liturgies qui ont cours dans l'unitarisme, sans compter les innovations de quelques congrégations isolées. Plusieurs de ces formulaires parlent le langage du pur théisme ; d'autres emploient encore la vieille phraséologie surnaturaliste'. Le plus répandu est le Booh of Common Prayer for Christian fForsIiip, composé par leD""!. Martineau. On y trouve dix formulaires de service divin — un rituel pour le baptême, la confirmation et l'ordination — des prières pour les malades et les marins en danger, pour le rétablissement de la paix, pour la Reine, la famille royale, l'Église, le Parlement, etc. Une partie de ces cérémonies ne sont plus guère en usage dans l'unitarisme ; mais leur maintien dans ce rituel s'explique par la façon dont il a été composé, — l'auteur s'étant borné à supprimer de la liturgie anglicane tout ce qui comportait une signification trinitaire ou dogmatique — et peut-être aussi par l'arrière-pensée que, de la sorte, on pourrait en faire usage parmi les congrégations orthodoxes en voie de transformation.

Le rituel du D"" Martineau est actuellement employé dans plus de deux cents congrégations unitaires qui, toutefois, ne se font pas faute de le modifier à leur gré. Du reste, dans une édition récente, l'auteur — qui n'a jamais hésité à marcher avec son siècle et qui, sous ce rapport, personnifie adiùirablement l'évolution unitaire des temps modernes — a retranché tous les passages relatifs à ce qu'il nomme désormais

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