‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 46 sur 135 · ON SERMON THÉISTE · texte numérisé non relu

ON SERMON THÉISTE

Cette contradiction apparente s'explique, toutefois, par la conviction de M. Voysey que, en matière de culte surtout, on doit s'efforcer d'introduire les idées nouvelles sous les formes anciennes : « Puisqu'il nous faut une forme de culte, dit-il dans la préface de son rituel, la plus acceptable sera encore une forme déjà familière aux oreilles britanniques, et cependant dépouillée de tout ce qui est suranné ou en désaccord avec un pur théisme ^ »

Le sermon qu'il prononça ce jour-là était une réfutation de Vatonement, c'est-à-dire de l'expiation attribuée au Christ pour le rachat de l'humanité. Ce sermon, — qui aurait pu être revendiqué par tout prédicateu]^ unitaire, — ne m'apprenait rien sur les particularités doctrinales d'une Église qui soutient être « unique en son genre ». Heureusement, je m'étais procuré à la porte le sermon prononcé par M.^ Voysey à la cérémonie d'inauguration, le l^'^ octobre 1871 : (f Notre premier objet, dit-il dans ce véritable manifeste, est de miner, d'assaillir, et, si possible, de détruire la portion des croyances religieuses que nous tenons pour fausses », c'est-à-dire, comme il l'explique en détail, presque toutes les doctrines du christianisme. « Toutefois, ajoute-t-il, là ne s'arrête pas notre tâche . Nous serions à la fois tristes et confus, si notre œuvre é(ait purement destructive. Bien au contraire, nous ne démolissons que pour rebâtir; nous ne désirons extirper les croyances fausses que pour les remplacer par des croyances vraies. »

^ RevisedPrayer-Book, compiled by the Rev. Ch. Voysey, 2'= édit. Londres, 1875, p. vir.

Il exposera donc, en premier lieu, sa foi en l'existence d'un être supérieur, infiniment bon et juste, que, faute d'un meilleur terme, il appellera Dieu. Viendra ensuite l'affirmation d'une vie future qu'il considère comme inséparablement liée à la croyance en Dieu : a Les deux doive ut rester ou tomber ensemble. » Enfin, il cberchera à développer l'esprit de vérité, de moralité, de pureté et de fraternité, qui lui représentent les vraies conditions du sentiment religieux.

En 1880, la « Congrégation du Rév. Voysey » a abandonné, sur la proposition de son ministre, cette dénomination un peu personnelle et Ta remplacée par le titre d' « Église théiste ». A ce propos, elle adopta le manifeste suivant, où quelques expressions un peu emphatiques, comme il arrive souvent dans la théologie anglaise même la plus rationaliste, ne doivent pas faire méconnaître l'élévation des pensées et la largeur des sentiments :

L'Église théiste a pour principaux objets : 1" de favoriser la diffusion des principes et des croyances du théisme ; 2" de fournir, aux personnes qui ne peuvent plus admettre les dogmes de l'orthodoxie, une méthode rationnelle pour satisfaire leurs besoins religieux. -

Les principes du théisme sont :

I. Tout homme a le droit et le devoir de penser par luimême en matière de religion.

. IL II n'y a pas de limite au développement des croyances religieuses; une vue plus haute de Dieu et de ses desseins reste toujours possible; il y a donc lieu de souhaiter et d'attendre que les générations futures fassent progresser les croyances actuelles des théistes.

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