‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 58 sur 135 · I. — Principes · texte numérisé non relu

I. — Principes

1 . La vie présente, étant la seule dont nous ayons une connaissance certaine, réclame notre principale attention.

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2. La poursuite de notre bonlieur personnel, ainsi que du bonlieur général dans ce monde, représente le plus haut degré de sagesse et le suprême devoir.

3. Le seul moyen d'atteindre cet objet est l'effort liumain basé sur la science et l'expérience.

4. Nous ne jugeons la conduite que par ses fruits en ce monde. Ce qui mène au bonheur général est le bien; ce qui a la tendance inverse est le mal.

5. Sur toutes les questions étrangères à ces principes positifs du sécularisme, les membres sont libres de professer toute opinion et de la promulguer sous leur responsabilité individuelle.

IL — Objets.

1. Disséminer, favoriser et populariser les principes cidessus par tous les moyens légitimes.

2. Augmenter les locaux et les instituts sécularistes dans toutes les localités de la Grande-Bretagne.

3. Soutenir les principes du sécularisme au moyen de conférenciers et organiser des séries de conférences dans les districts populeux.

4. Eépandre des publications à bon marché, où. se trouvent exposés et défendus les principes de la société.

5. Poursuivre la suppression de toutes les déchéances civiles fondées sur la croyance, ainsi que de tous les subsides accordés à des œuvres confessionnelles.

6. Amener la sécularisation complète de l'enseignement public.

7. Favoriser toute réforme politique, sociale ou religieuse, tendant d'une façon quelconque à accroître le bien-être séculier de la nation.

La British Secular Union se donne aujourd'hui, et non sans raison, comme la plus nombreuse, la plus influente et la plus « respectable » parmi toutes les

LITURGIE DES SÉCDLARISTES 181

associations de libres-penseurs en Angleterre ^ Son président est le marquis de Queensberry. MM. Pastur et Renan comptent parmi ses vice-présidents, et Victor Hugo y figure comme membre honoraire. Les théories morales de ses principaux interprètes sont absolument irréprochables et ils ne perdent jamais l'occasion de nettement distinguer le sécularisme de l'athéisme ou de la pure démolition religieuse. M. G.-J. Holyoake a même plus d'une fois prêché dans des congrégations unitaires, en Angleterre comme en Amérique, fait qui prouve autant pour la tolérance des unitaires que pour la sienne. VInquirer ayant un jour manifesté quelque surprise à cet égard, M. Holyoake lui répondit en rappelant que des ministres unitaires avaient été maintes fois invités à prendre la parole dans des assemblées sécularistes et qu'il y avait entre l'unitarisme et le sécularisme un terrain commun : la morale pratique.

Le désir de substituer le sécularisme aux anciens cultes dans toutes les circonstances de la vie a conduit les sécularistes à se donner un rituel intitulé The Seciilarist's Manual ofSongs and Cérémonies ^, où MM. Austin Holyoake et Ch. Watts ont rédigé une véritable liturgie laïque pour la nomination des enfants, le mariage, les funérailles, etc. La préface, écrite par M. Bradlaugh, explique que ce rituel répond à un besoin pressant, et souvent formulé, des librespenseurs anglais : « Quant au service du mariage, ajoute-t-il, les socialistes naguère et les comtistes plus

1 V. la Secular Review du 19 août 1882.

* Londres, Austia and Co.

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récemment nous ont donné l'exemple . La cérémonie légale doit avoir lieu devant le recenseur [Registrar] ; mais nous pouvons célébrer le mariage dans notre lieu de réunion habituel. La nomination des enfants est un événement fréquent dans nos assemblées, et une formule arrêtée nous épargnera la tentation d'y introduire des expressions ridicules ou critiquables. Pour le service funèbre, le dernier enterrement auquel j'ai assisté et où l'émotion m'a empêché de compléter mon discours sur la tombe, m'a convaincu de la nécessité d'avoir un formulaire toujours prêt pour l'occasion. » Il serait trop long de. reproduire entièrement ce rituel; je citerai seulement les premières et les dernières lignes du discours composé pour la nomination des enfants [Naming of children) :

En nommant publiquement l'enfant ici présent, nous constatons le désir des parents d'identifier leur progéniture avec le parti séculariste qui proclame la nécessité de penser sans entraves pendant la formation du caractère. La diversité des organisations empêche l'uniformité des croyances; nous ne g'arantissons donc pas que, dans l'avenir, un enfant professera une certaine catégorie d'opinions. Mais, en tenant son esprit libre de toute théologie, nous le mettons en état d'acquérir une éducation plus libérale que ne le permettrait la foi conventionnelle de l'Église...

Nous espérons sincèrement que dans la vie de (ici nommer V enfant)^ il (si c'est wiejille, employer le genre fèmi%i7Î) mxvo. des motifs de se réjouir de son association avec nous. Puissent les principes de la Libre-Pensée le mettre en état d'affronter avec succès la bataille de la vie! Et pendant qu'il franchira le cours des années, puisse l'expérience développer ses facultés directrices, afin que, arrivé à la maturité, il ait acquis assez de connaissances pour être capable de régler convenablement

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