‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 116 sur 135 · L AVENIR RELIGIEUX DE LINDE · texte numérisé non relu

L AVENIR RELIGIEUX DE LINDE

préjugés de secte, l'état actuel de l'Inde, ainsi que l'histoire générale des religions.

M. Max Muller a montré, dans une de ses plus belles pages, ce que le sentiment religieux de l'Europe peut emprunter à l'Inde '. Dans un ordre d'idées plus spéculatif, M. von Hartmann est allé jusqu'à prédire que la religion de l'avenir serait un monisme panthéiste, qui prendrait à l'Inde la notion de l'immanence et à la tradition judéo-chrétienne la notion de l'unité divine. « Au point de vue de l'histoire religieuse, ditil, le but que nous nous proposons ne peut être atteint quepar la synthèse du développement religieux hindou et juif-chrétien en une forme qui réunisse les avantages de ces deux directions de l'esprit humain, tout en comblant leurs lacunes et qui par là soit capable de les remplacer toutes deux et de devenir, au mot propre, une religion universelle. Un pareil pan-monothéisme, dont les bases métapbysiqiies sont en parfait accord avec la raison, se prêterait, d'autre part, à l'action la plus vive sur le sentiment religieux et donneraitainsi à l'éthique un solide point de départ, se rapprochant, plus que tout autre système, de ce que le peuple cherche dans la religion sous le nom de vérité.^. »

Cette vérité, le brahmaïsme croit l'avoir trouvée,

' ConclQBion des leçons sur VOrigine et le déeeloppement de la retigion étudiés à la lumière des religions de Vlnde, traduction de M. J. Dut- HESTBTER. Paris, Reiawald, IRTS, page 327.

' Von Hartmann, La Religion de FAuenir, ch. IX.— M. von Hartmann & ultérieurement développé la même idée dans aoa ouvrage iXM ReligiOsê Bewustsein der Menscheit im Stufengang seiner Entuiickelung. Berlin, 1882, 1 Tol. (V. l'analyse qu'an donna M. Maurice Varnea dana la &t)U0 philosophique de mara 1882.)

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SYNTHÈSE REUCIEUSE DE L INDE ET DE l'eUROI'E ii93

OU, du moins, avoir la certitude de la découvrir, et ses diverses Églises, toutes divisées qu'elles peuvent être entre elles, sont d'accord pour appuyer les paroles de Protâb Chunder Mozoumdar, lorsqu'il dit, dans son apologie de la Nouvelle Dispensation : « Il ne nous reste pas dans l'esprit le moindre doute que la religion du Brahma Samâj ne devienne la religion de l'Inde ; bien plus, qu'elle ne devienne la religion du monde entier. Tous ceux qui se soucient réellement de Dieu, de la pureté, de la piété, de la fraternité, du salut, de la vie éternelle, finiront de l'une ou de l'autre façon et sous l'un ou l'autre nom, par en accepter la foi et l'esprit '. »

Sans partager cette confiance absolue, qui est un don de foi, on peut néanmoins conclure, en termes généraux, que, si l'esprit hindou continue à progresser dans les voies où il parwt engagé, le monde assistera encore à plus d'un curieux échange, sur le terrain des idées religieuses, aussi bien que morales et scientifiques, entre les deux grands rameaux de l'antique race Aryenne. N'est-ce pas de rapprochements analogues, opérés dans le creuset de la philosophie néoplatonicienne entre le panthéisme antique et le monothéisme sémite, que le christianisme lui-même est définitivement sorti au ii" siècle de notre ère? Si

> Srahmo Year-Book de 1881, page 137. — Protâb Chunder Mozoumdar a visita de nouveau l'Angleterre pendant l'àtâ de 1833, et il y a prSché dans les ËgUaes unitaires avec le mSme succès que lora de hou premier Toyage. A vrai dire, les thèses qu'il a soutenues se rattachent moins à la Nouvelle Dispensation qu'aux principes généraux du brahmEdame, c'est-àdire du théisme transcendantal.

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l'Inde nous aide à résoudre la crise religieuse qui nous tourmente, — et elle est peut-être dans les conditions pour le feire, — elle aura bien mérité de tous ceux qu'intéresse le développement harmonique de la civilisatioD.

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